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HOPE/HELP en passe d’être prolongé : Port-au-Prince veut sauver l’emploi et préparer l’après-textile

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard•©️MCI

Port-au-Prince, le 17 décembre 2025.- Adopté à l’unanimité en commission à la Chambre des représentants américaine, le projet de loi H.R. 6504 ouvre la voie au renouvellement du programme HOPE/HELP pour trois ans. Le ministre haïtien du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, se dit confiant quant à l’issue du processus, tout en appelant à une diversification urgente de l’économie haïtienne.

Le gouvernement haïtien accueille avec optimisme l’adoption, le 10 décembre dernier, du projet de loi H.R. 6504, Haiti Economic Lift Program Extension Act par la Commission des voies et moyens de la Chambre des représentants des États-Unis. Le texte, voté à l’unanimité par 41 élus républicains et démocrates, prévoit notamment la prolongation pour trois ans des programmes préférentiels HOPE/HELP, piliers du secteur textile haïtien.

Intervenant sur les ondes de Magik 9, le ministre James Monazard estime que ce large consensus politique constitue un signal fort pour la suite du processus législatif, notamment au Sénat américain. « Ces parlementaires, issus de camps politiques différents, seront en mesure de défendre le texte puisqu’ils l’ont déjà approuvé en commission », a-t-il souligné.

À court terme, le renouvellement de HOPE/HELP devrait permettre de préserver des milliers d’emplois, alors que le secteur textile connaît une forte érosion de ses effectifs. Le ministre reconnaît toutefois les limites structurelles de ce modèle. « Aucun pays ne peut se satisfaire durablement d’une économie reposant majoritairement sur le textile », a-t-il déclaré, tout en citant l’exemple du Bangladesh, qui a su utiliser ce secteur comme tremplin vers un développement plus large.

James Monazard plaide ainsi pour une stratégie économique plus ambitieuse, axée sur la diversification. Selon lui, la répétition cyclique des efforts de lobbying pour HOPE/HELP révèle une faible valeur ajoutée à long terme. « La responsabilité de l’État et du secteur privé est de mettre en place de véritables plans de développement », insiste-t-il, évoquant notamment les énergies renouvelables, l’agriculture et le tourisme comme secteurs porteurs.

À moyen et long terme, le ministre conditionne toute relance durable à l’amélioration de la sécurité et au développement équilibré des territoires. Il appelle enfin à faire de l’emploi un levier central de justice sociale, estimant que l’exploitation rationnelle des potentialités régionales demeure la seule issue viable pour sortir le pays de la crise.

W. A.