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Trump démantèle la surveillance des océans : un signal alarmant pour la recherche climatique mondiale

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©️photo : The New York Times
Washington, le 3 juin 2026.- L’administration du président Donald Trump a décidé de retirer près de 900 instruments scientifiques déployés dans les océans pour surveiller le réchauffement climatique et l’évolution des grands courants marins. Révélée par le New York Times, cette décision provoque une onde de choc dans le monde scientifique. Les équipements concernés permettaient notamment d’étudier la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC), un vaste système de courants océaniques qui transporte la chaleur des tropiques vers l’Atlantique Nord et joue un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial.

Installés depuis 2016 dans plusieurs zones stratégiques, notamment au large de l’Alaska, de l’Oregon, de la Caroline du Nord ainsi qu’entre le Groenland et l’Islande, ces instruments ont fourni des données essentielles sur l’absorption de chaleur et de dioxyde de carbone par les océans. L’administration américaine affirme que leur retrait permettra d’économiser environ 48 millions de dollars par an. Une justification vivement contestée par plusieurs élus démocrates, qui dénoncent l’abandon d’un programme scientifique d’une valeur de 368 millions de dollars, initialement conçu pour fonctionner jusqu’en 2041.

La mesure a été annoncée par la National Science Foundation le 21 mai 2026, dans le cadre des réductions budgétaires et de la réorientation des priorités scientifiques engagées par l’administration Trump depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025. Les opérations de démantèlement ont déjà commencé sur certains sites et devraient s’étaler sur environ quinze mois, le premier retrait majeur étant prévu le 16 juin au large de l’Oregon. Pour les chercheurs, cette décision constitue un nouveau revers pour la science du climat aux États-Unis. Ils craignent qu’une interruption de ces observations ne compromette des années de recherche et n’affaiblisse la compréhension des mécanismes qui accélèrent le changement climatique à l’échelle mondiale.

Cette décision intervient alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’organisme de référence des Nations unies sur les changements climatiques, rappelle que les océans absorbent près de 90 % de l’excès de chaleur généré par les activités humaines. À mesure que les eaux se réchauffent, leur capacité à stocker le carbone diminue, renforçant ainsi le réchauffement de la planète. Dans un monde confronté à une succession de catastrophes climatiques, la disparition de ces outils de surveillance apparaît pour beaucoup comme une perte scientifique dont les conséquences pourraient se faire sentir bien au-delà des frontières américaines.

Quetya AUBIN avec The New York Times