Fernando Capellán
Port-au-Prince, le 28 mai 2026.- L’industriel dominicain Fernando Capellán tire la sonnette d’alarme sur la situation critique de l’industrie de l’habillement en Haïti. Entre ralentissement de la production, tensions autour du salaire minimum et menace sur le programme HOPE/HELP, le patron de CODEVI craint de nouvelles fermetures d’usines et des pertes massives d’emplois.
Dans une interview accordée au Nouvelliste et publié le 26 mai dernier, Fernando Capellán affirme que les usines de CODEVI fonctionnent actuellement à seulement 20 % de leur capacité, après une grève de deux semaines en avril. Selon lui, les divergences entre syndicats et Association des industries d’Haïti (ADIH) autour de l’application de la nouvelle grille salariale alimentent un climat de confusion et de quasi-grève.
L’industriel estime que l’augmentation du salaire minimum à 1 000 gourdes reste difficile mais gérable pour le secteur. En revanche, l’application généralisée du salaire de production à 1 300 gourdes pourrait, selon lui, rendre l’industrie textile haïtienne moins compétitive face aux autres pays de la région. Il avertit que cette situation risque d’entraîner davantage de fermetures d’usines et de suppressions d’emplois.
Fernando Capellán s’inquiète également des conséquences sur le programme HOPE/HELP, essentiel aux exportations textiles haïtiennes vers les États-Unis. Il rappelle que sans stabilité ni emplois, il sera difficile de défendre le renouvellement de ces avantages commerciaux à Washington. À son apogée, CODEVI comptait près de 24 000 emplois directs, contre environ 15 000 aujourd’hui. Malgré les difficultés, l’entreprise continue toutefois de soutenir indirectement des dizaines de milliers de familles dans la région de Ouanaminthe, Nord-Est du pays.
W. A.



























