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Crise au CEP: huit sur neuf conseillers font bloc, bannissent leur Directeur Exécutif

Pétion-ville, le 3 juin 2026.- La crise institutionnelle franchit un nouveau cap critique ce mercredi 3 juin. Par une décision de huit membres, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a prononcé une interdiction formelle d’accès à ses locaux à l’encontre de son propre Directeur Exécutif, M. Uder Antoine. Cette mesure conservatoire de choc fait suite à des rumeurs persistantes sur sa nomination unilatérale par le gouvernement comme Directeur Général, doublée d’un silence radio suspect de l’intéressé depuis 24 heures.

Le bras de fer larvé entre le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et le pouvoir central s’est transformé en rupture ouverte. Recruté par le Conseil le 14 avril 2026 pour orchestrer la machine électorale, M. Uder Antoine est désormais persona non grata au siège de l’institution à Pétion-Ville.

Pour motiver cette mise à l’écart radicale, l’organe électoral invoque des motifs lourds de sens politique :
– Un parachutage de l’Exécutif : Le nom de M. Uder Antoine circulait avec insistance dans les médias comme le nouveau « Directeur Général du CEP », un poste clé octroyé et choisi directement par le Gouvernement au mépris de l’autonomie du Conseil.

– Un silence radio de 24 heures : En pleine tempête médiatique et politique, le haut fonctionnaire a coupé les ponts avec sa hiérarchie, n’ayant « pas donné signe de vie depuis environ 24h ».

Face à ce que les conseillers perçoivent comme une tentative de prise de contrôle de l’administration électorale par le pouvoir exécutif, la réplique a été immédiate : les portes du CEP lui sont fermées « généralement quelconque jusqu’à nouvel ordre ».

Loin d’être une fronde isolée, cette ordonnance d’interdiction tire sa puissance d’une cohésion totale et sans faille de l’ensemble du Conseil. Pour faire échec aux velléités gouvernementales, huit des neuf conseillers électoraux ont apposé leur signature manuscrite au bas du document :
1. Jacques Desrosiers, Président
2. Jaccéus Joseph, Vice-Président
3. Peterson Pierre-Louis, Secrétaire Général
4. Nemrod Sanon, Trésorier
5. Marie Florence Mathieu, Membre
6. Rose Thérèse Magalie Georges, Membre
7. Schnaïda Adély, Membre
8. Yves Marie Edouard, Membre, à l’exception de Patrick Saint Hilaire.

En décapitant ainsi sa propre direction exécutive, le CEP sacrifie sa stabilité administrative à court terme sur l’autel de son indépendance institutionnelle. Ce coup d’éclat jette un pavé dans la mare politique et renvoie désormais la balle dans le camp de l’Exécutif, dont la réaction déterminera l’avenir d’un processus électoral déjà grandement fragilisé.

W. A.