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Affaire de trafic d’armes : l’Église Épiscopale d’Haïti brise le silence et dénonce des arrestations injustes

 

Port-au-Prince, le 6 avril 2026.- Après plusieurs mois de réserve, l’Église Épiscopale d’Haïti a décidé de s’exprimer publiquement sur le dossier explosif lié à l’importation d’armes, de munitions et de fausse monnaie saisies en juillet 2022 à la douane de Port-au-Prince.

Dans une note officielle publiée ce lundi 6 Avril 2026, l’institution religieuse, membre de la Communion anglicane et présente en Haïti depuis 1861, affirme vouloir éclairer l’opinion publique, les organisations de défense des droits humains ainsi que la presse sur l’évolution de cette affaire aux lourdes implications judiciaires.

Le dossier remonte au 14 juillet 2022, lorsque des cargaisons introduites au nom de l’Église ont été interceptées par la Police judiciaire. Cette opération avait conduit à l’ouverture d’une enquête et à l’arrestation de plusieurs individus, dont des membres du clergé et des laïcs, soupçonnés d’implication dans un réseau de trafic d’armes et de munitions. Face à ces accusations, l’Église Épiscopale soutient que des innocents auraient été injustement arrêtés et maintenus en détention. Elle insiste sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire, tout en réclamant la libération de ses prêtres et fidèles qu’elle considère comme victimes d’une procédure entachée d’irrégularités.

L’institution explique avoir observé le silence depuis le transfert du dossier au cabinet d’instruction, par respect pour le processus judiciaire et afin d’éviter toute perception d’ingérence. Elle affirme avoir agi dans la confiance envers les institutions républicaines, notamment la justice. Aujourd’hui, rompant avec cette posture, l’Église dit vouloir défendre son honneur et celui de ses membres, tout en appelant à une justice équitable. Elle cite à cet effet un passage biblique pour dénoncer ce qu’elle perçoit comme une inversion des valeurs : « Qui acquitte le coupable et qui condamne le juste : tous deux sont une abomination pour le Seigneur » (Proverbes 17,15).

Alors que l’enquête se poursuit, cette sortie médiatique relance le débat sur les responsabilités dans ce dossier sensible, au croisement de la sécurité nationale, de la justice et de la crédibilité des institutions.

W. E.