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Chèques « zombies » et millions disparus : révélations explosives au ministère de la Défense

Le Directeur général du ministère de la Défense, Jean Ronel Sistanis

Port-au-Prince, le 4 février 2026.- Le Directeur général du ministère de la Défense, Jean Ronel Sistanis, a porté de graves accusations de corruption et de détournement de fonds au sein de l’institution. Invité à l’émission Panel Magik ce 4 février 2026, il affirme que des employés fictifs, des entreprises inexistantes et des décaissements massifs sans résultats auraient siphonné des centaines de millions de gourdes destinées à la sécurité nationale.

Des « employés fictifs » et des chèques encaissés illégalement

Selon Jean Ronel Sistanis, des employés du ministère encaisseraient des chèques au nom de personnes inexistantes, parfois sans être conscients de leur implication dans ce système. Il a cité nommément la cheffe de cabinet du ministre et coordonnatrice de l’unité juridique, Candide K. Jean, ainsi que la directrice des ressources humaines, Dominique Eugène, affirmant qu’elles percevraient entre 30 et 40 « chèques zombies » chacune. Il les qualifie de « bras de la corruption ».

Pour étayer ses affirmations, le directeur général évoque un écart de 240 contractuels entre les données de la direction des ressources humaines du ministère de la Défense et celles du ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

Facilités bancaires et entreprises fantômes

Jean Ronel Sistanis soutient également que ces pratiques bénéficieraient de facilités au niveau de la Banque centrale pour l’encaissement des chèques. Plus grave encore, il affirme que plus d’une centaine d’entreprises fictives recevraient des fonds du ministère pour des services jamais rendus.

350 millions de gourdes pour un renseignement inexistant

Autre révélation majeure : plus de 350 millions de gourdes auraient été décaissés pour des services d’intelligence depuis l’arrivée de Jean-Michel Moïse à la tête du ministère. Or, selon le directeur général, la direction du renseignement du ministère de la Défense n’est pas opérationnelle.
« Ces fonds ont été décaissés et ont terminé dans la poche de Jean-Michel Moïse », a-t-il affirmé à l’antenne.

Des projets financés, aucune réalisation visible

Jean Ronel Sistanis dénonce également des décaissements importants pour des projets restés sans effets concrets :

80 millions de gourdes pour la réparation du Grand Quartier général de l’armée au Champ-de-Mars ;

50 millions de gourdes pour la base du Bicentenaire ;

160 millions de gourdes pour une ferme militaire à Belladère.

Selon lui, ces fonds ont été dépensés sans réalisations réelles et effectives, soulevant de sérieuses questions sur la gestion des ressources publiques.

Un appel implicite aux autorités judiciaires

Ces déclarations, faites sur une radio à forte audience, placent désormais les institutions de contrôle et de justice face à leurs responsabilités. À ce stade, les personnes mises en cause n’ont pas publiquement réagi aux accusations.

W. A.