Home Company Des pratiques d’Orgie « KRÈY » en pleine expansion pour relancer les...

Orgie practices « KREY » expanding to revive declining nightclubs

 

Port-au-Prince, le 14 avril 2024.- Depuis plusieurs années, certaines boîtes de nuit connaissent une baisse significative de fréquentation, liée notamment à l’insécurité, aux difficultés économiques et à l’évolution des habitudes de divertissement chez les jeunes. Face à ce déclin, certains propriétaires cherchent à se réinventer en proposant de nouvelles formes d’animation pour attirer une plus large clientèle.

C’est dans ce contexte qu’émerge le phénomène appelé Orgie, « KRÈY », une pratique consistant à organiser des spectacles ou des animations spécifiques mettant en scène de jeunes femmes lesbiennes faisant des démonstrations live. Pour participer à cette ambiance sensationnelle, une somme spécifique allant de 1000 à 1500 gourdes est réclamée, afin de susciter la curiosité et augmenter l’affluence dans ces établissements.

InfoNation, dans sa série d’articles traitant des sujets à caractère social, s’est invité à cette pratique pour non seulement comprendre ce phénomène, mais aussi attirer l’attention des jeunes, parfois influençables, exposés à des environnements où les repères sociaux peuvent être brouillés.

Leur mode de fonctionnement

Dans un club à Delmas 40, tous les jeudis, les jeunes font la queue dès 11 heures dans la soirée pour participer à l’activité Orgie « KREY ». À l’intérieur, des jeunes femmes âgées entre 20 à 30 ans, certaines nues, d’autres avec des petites culottes se défilent en tenue indécente pour annoncer l’activité. Vers 1h du matin, des séances de masturbations, l’utilisation de Sex TOY et des séances de shows lesbiennes enflamment la toile.

Même constat pour un club à Delmas 41 et 32 où nous avons rencontré Nadine, une jeune femme de 32 ans qui est responsable de recruter les jeunes filles, « j’ai une dizaine de filles, elles travaillent pour moi, je les envoie dans les clubs et elles me doivent des pourcentages » a-telle déclarée confirmant qu’elle est responsable de plus de 5 clubs, sans compter les déplacements privés.

« Elles gagnent en moyennes, entre 2500 à 4000 gourdes par séance d’Orgie « KREY » dans les clubs, entre 3000 à 5000 gourdes pour les déplacements privés. » à déclaré Nadine, soulignant que cette pratique est répandue sur tout le territoire national. Bien qu’il puisse séduire une partie du public, ce phénomène inquiète, notamment parce qu’il touche principalement des jeunes, souvent vulnérables, en les plongeant dans des contextes susceptibles de perturber leurs repères et leur perception des normes sociales.

Cette pratique d’« orgie krey », en réalité, augmente le nombre de visiteurs dans ces clubs. Les gens s’y donnent rendez-vous tous les jeudis pour regarder des filles faire des shows entre elles ou avec des faux pénis (sextoys). Ils boivent et font la fête. Ce genre d’activités, dans certains clubs, est seulement interdit aux mineurs jusqu’à 2 heures du matin. Au-delà de cette heure, l’accès devient libre : il suffit d’acheter une bière à 250 gourdes.

Alerte et enjeux sociaux

L’absence d’encadrement clair dans ce type d’activités peut favoriser des comportements à risque, banaliser certaines pratiques et encourager une forme de pression sociale ou de mise en scène de soi pour attirer l’attention. Chez les jeunes filles comme chez les jeunes garçons, cela peut influencer la perception des relations, de l’image de soi et des normes sociales.

Par ailleurs, certains observateurs s’inquiètent d’une possible dérive vers l’exploitation de l’image des jeunes à des fins commerciales, dans un contexte où la recherche de profit prime sur le bien-être et la sécurité des participants.

Face à cette réalité, plusieurs voix appellent à une meilleure régulation des activités nocturnes, à une sensibilisation accrue des jeunes, ainsi qu’à une responsabilisation des promoteurs et des propriétaires d’établissements.

W.E