Accueil yon dat,yon jou,yon evènman Rentrée scolaire 2025-2026 : entre crise éducative, insécurité et revendications des enseignants

Rentrée scolaire 2025-2026 : entre crise éducative, insécurité et revendications des enseignants

 

À un peu plus de 24 heures de la rentrée des classes, prévue pour ce mercredi 1er octobre 2025, les inquiétudes s’intensifient quant à son bon déroulement. Alors que la crise multidimensionnelle continue de secouer le pays, certains redoutent une rentrée paralysée, notamment en raison des retards de paiement aux enseignants du secteur public.

 

Dans le cadre de notre rubrique Micro Citoyen, on a recueilli plusieurs témoignages sur les défis, les enjeux et les perspectives de cette nouvelle année académique. Tous pointent du doigt l’insécurité généralisée qui empêche de nombreuses écoles de fonctionner normalement, en particulier dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

 

« Imaginez que la majorité des écoles de la capitale se trouvent dans des zones aujourd’hui contrôlées par des groupes armés. Certaines institutions sont même occupées par des personnes déplacées internes (PDI) qui n’ont toujours pas été relogées », déclare une résidente d’un camp à Delmas.

 

Du côté des parents, l’inquiétude est palpable. « Je ne serais jamais tranquille pendant les heures de classe à cause des balles perdues. Mais je ne peux pas priver mes enfants d’éducation, c’est la clé de leur avenir. C’est aux autorités d’assurer notre sécurité, mais elles sont totalement absentes », affirme Bernadette*, une commerçante de Delmas 32.

 

Pour sa part, Jacques Pierre Louis*, professeur dans un lycée public, souligne que l’insécurité n’est qu’un aspect du problème : « L’État ne montre aucune volonté réelle de résoudre la crise du système éducatif. Le retard dans le paiement des salaires et le manque de moyens dans les écoles sont autant d’obstacles à une rentrée normale. »

 

La rentrée 2025-2026 s’annonce donc sous haute tension, dans un contexte où l’école, pourtant essentielle, semble reléguée au second plan.

 

À quelques heures de la rentrée 2025-2026, la grogne monte dans le secteur éducatif. Des enseignants dénoncent le non-paiement de leurs arriérés de salaire, accusant le ministre de l’Éducation, Augustin Antoine, d’inaction. Un syndicaliste s’indigne : « Comment peut-on éduquer les enfants des autres pendant que les siens restent à la maison faute de moyens ? » Il appelle à la révocation du ministre et à la mise en place d’une commission de restructuration du système éducatif.

 

En parallèle, le gouvernement a lancé une aide de 20 000 gourdes pour 261 000 familles d’élèves des écoles publiques, via le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) et le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES). Une mesure jugée insuffisante face à l’ampleur de la crise.

 

Entre revendications salariales, insécurité persistante et crise humanitaire, cette nouvelle année académique s’annonce particulièrement chaotique si des solutions urgentes ne sont pas trouvées.

 

W. E. 

 

_*_ : _Il s’agit des noms d’emprunts_