Santo-Domingo, le 12 août 2025.- L’arrestation de Rosemila Petit-Frère en République Dominicaine a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage médiatique. Mais derrière le choc de la nouvelle, une vérité s’impose : l’équipe de Radio-Télé Monopole avait déjà été profondément remaniée bien avant que la PDG ne soit interpellée.
Une arrestation hors du champ de l’ancienne équipe de Monopole
Le 10 août, à l’aéroport de Puerto Plata, Rosemila Petit-Frère est arrêtée avec en sa possession des chèques d’un montant important, venus du Canada. Interrogée à Santo Domingo, elle recouvre la liberté dès le lendemain, après un accord passé avec les autorités locales. Un épisode retentissant… mais qui ne concerne en rien l’ancienne équipe.
Pradel Henriquez, l’homme de la refonte éclair
Le 23 décembre 2024, le Groupe Communication Éducation Culture (Groupe CEC) confie les rênes de Monopole à Pradel Henriquez, figure chevronnée des médias haïtiens. Sa mission ? Transformer la station en média de service public, centré sur l’éducation, la culture et la communication citoyenne.
En 45 jours seulement, il opère un chantier express :
Repositionner la radio et la télévision comme de véritables écoles de savoirs ;
Fédérer journalistes, universitaires, artistes et éducateurs autour d’un projet collectif ;
Imprimer une ligne éditoriale éthique et participative.
Un travail intense, conduit tambour battant, avant de passer le relais le 15 février 2025. Pas de crise, pas de scandale : juste la fin d’une mission programmée.
Les départs en série, loin des rumeurs
Pradel Henriquez parti, Eddy Jackson Alexis et Verly Sylvestre avaient déjà quitté le navire depuis plusieurs mois. Jacques Desrosiers, lui, s’était engagé corps et âme au Conseil électoral provisoire depuis près d’un an. Bref, le noyau dirigeant de Monopole n’avait plus rien à voir avec celui qui entourait Rosemila Petit-Frère.
L’après-Henriquez : survivre dans l’ère numérique
Aujourd’hui, Monopole avance entre héritage et réinvention. Les réformes amorcées doivent maintenant se confronter à la dure réalité du marché médiatique : une audience éclatée, happée par les réseaux sociaux et les contenus à la demande.
Rester pertinent, crédible et audible : voilà le défi. Dans un paysage saturé de bruits, Monopole joue sa survie sur sa capacité à conjuguer modernité et rigueur éditoriale. Une bataille médiatique qui, elle, ne se gagnera pas en 45 jours.
Isemelie JEAN BAPTISTE





























