L’ingénieur Patrick Attié
Port-au-Prince, le 14 mai 2026.- Dans une interview exclusive accordée à la journaliste Nancy Roc pour « AlterPresse » et publié ce 14 mai, l’ingénieur et entrepreneur haïtien, Patrick Attié, lance un avertissement sans détour : Haïti ne peut plus rester spectatrice face à l’essor mondial de l’intelligence artificielle.
Alors que l’ONU vient de mettre en place un Groupe scientifique international indépendant sur l’IA afin d’évaluer les risques, impacts et opportunités de cette technologie, Patrick Attié estime que l’intelligence artificielle est désormais une question de puissance, de sécurité et de souveraineté nationale.
« Le pays qui n’aura pas de stratégie ne sera pas simplement en retard : il deviendra dépendant », prévient-il.
Selon lui, l’IA transforme déjà l’économie, la santé, l’éducation, la finance, la sécurité, l’administration publique et même les conflits militaires. Dans ce contexte, l’absence de stratégie nationale expose Haïti à une dépendance technologique croissante envers les grandes puissances et les multinationales du numérique.
Patrick Attié souligne également le retard structurel du pays : électricité instable, Internet insuffisant, faiblesse institutionnelle, manque de formation spécialisée et absence de politiques publiques adaptées. Il rappelle toutefois que des initiatives locales, notamment à l’ESIH, prouvent que des compétences existent encore en Haïti.
L’ingénieur plaide pour une stratégie nationale réaliste autour de la cybersécurité, de la formation en intelligence artificielle, de la protection des données nationales et de l’intégration progressive de l’IA dans les services publics.
Pour lui, l’enjeu dépasse largement la technologie : « Ignorer l’IA aujourd’hui, ce n’est pas seulement rater une révolution technologique. C’est abandonner une partie du pouvoir politique à ceux qui la maîtrisent déjà ».
W. A.
























