Accueil International Les Vénézuéliens, principales victimes de la politique migratoire de Trump

Les Vénézuéliens, principales victimes de la politique migratoire de Trump

©️AP

Washington, le 12 août 2025.- Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les Vénézuéliens représentent la majorité des migrants expulsés vers des pays tiers, selon une analyse du Miami Herald. D’après la porte-parole de la Maison Blanche, Abigail Jackson, l’administration Trump est déterminée à expulser les étrangers en situation irrégulière. En mars, elle a invoqué une loi de 1798 sur les « ennemis étrangers » pour justifier l’expulsion de 230 Vénézuéliens vers le Salvador, les accusant d’appartenir au gang Tren de Aragua.

Selon le Miami Herald, sur les 7 900 déportations vers des pays tiers recensées en 2025, plus d’un tiers concerne des ressortissants vénézuéliens. Ce groupe est particulièrement ciblé par les autorités migratoires, notamment en raison d’allégations selon lesquelles le régime de Nicolás Maduro aurait volontairement infiltré les flux migratoires avec des criminels.

Le journal souligne également des pratiques migratoires remettant en cause les standards internationaux des droits humains : expulsions vers des pays tiers sans lien avec les migrants, incertitudes juridiques, délais de préavis insuffisants. Les avocats dénoncent des délais de six heures avant l’expulsion, insuffisants pour préparer une défense ou contacter un avocat ou leur famille. De plus, les migrants sont souvent détenus dans des centres isolés, puis transférés peu avant leur expulsion avec très peu d’informations.

Les ressortissants d’autres pays comme Cuba, le Nicaragua et Haïti ne sont pas épargnés. Les données indiquent que 514 Cubains, 230 Nicaraguayens et environ 90 Haïtiens ont été expulsés vers des pays tiers au cours du premier semestre 2025, souvent sans aucun lien avec ces destinations. La majorité des Cubains ont été envoyés au Mexique, illustrant l’inefficacité des mécanismes de protection pour les migrants vulnérables.

Ces expulsions suscitent de vives inquiétudes, car les pays d’origine — Cuba, Venezuela, Nicaragua et Haïti — font face à des crises aiguës : régimes autoritaires, violations massives des droits humains et violences généralisées. En Haïti, des gangs armés contrôlent une large partie du territoire, forçant de nombreux citoyens à se réfugier dans des camps insalubres, sans accès à une assistance humanitaire de base.

W. E.