Home Environment Journée mondiale de l’océan : la mer d’Haïti, un trésor à préserver

Journée mondiale de l’océan : la mer d’Haïti, un trésor à préserver

©️photo : CARIBAE

Pétion-Ville, le 8 juin 2026.- Célébrée chaque 8 juin sous l’impulsion des Nations unies, la Journée mondiale de l’océan rappelle l’importance des mers pour l’équilibre de la planète. Placée cette année sous le thème « Réimaginer : au-delà du monde que nous connaissons, une nouvelle relation avec notre océan », elle invite les peuples à repenser leur lien avec le monde marin. En Haïti, cet appel résonne avec une urgence particulière, entre richesse écologique, dégradation environnementale et accès de plus en plus limité au littoral.

Les océans couvrent plus de 70 % de la surface de la Terre, produisent une grande partie de l’oxygène que nous respirons et jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial. Le thème retenu en 2026 appelle à bâtir une relation plus respectueuse et durable avec l’océan, face aux menaces que représentent la pollution, la surpêche et les changements climatiques.

Dans les Caraïbes, où la mer constitue un pilier de la vie économique et sociale, les enjeux sont particulièrement importants. Récifs coralliens, mangroves et herbiers marins protègent les côtes contre l’érosion, abritent une biodiversité exceptionnelle et soutiennent les moyens de subsistance de millions de personnes, conditionnant ainsi la sécurité alimentaire et la résilience des populations face aux catastrophes naturelles.

Haïti possède l’un des patrimoines marins les plus riches de la région : coraux, tortues marines, dauphins, poissons tropicaux et mangroves, qui servent à la fois de refuge à la faune et de bouclier pour les côtes. Pourtant, cette biodiversité est confrontée à la pollution plastique, à la dégradation des habitats et à certaines pratiques de pêche destructrices.

La mer demeure par ailleurs une source de revenus essentielle pour des milliers de familles vivant de la pêche artisanale ou d’activités liées au littoral. Mais à ces défis environnementaux s’ajoute une réalité plus immédiate : l’insécurité. Dans plusieurs régions du pays, particulièrement dans le département de l’Ouest, plages et zones côtières sont devenues difficiles d’accès pour une grande partie de la population.

En cette journée, la réflexion dépasse donc la seule protection de l’environnement. Pour de nombreux Haïtiens, la mer est désormais un espace que l’on aperçoit sans pouvoir pleinement en profiter. Préserver les océans, c’est protéger leur biodiversité, mais c’est aussi créer les conditions permettant aux citoyens de renouer avec ce patrimoine. Car célébrer la mer devrait être un droit accessible à tous et non un privilège compromis par l’insécurité.

Quetya AUBIN