La Présidente de la CCIO et Vice-présidente de l’ADIH, Mme Martine L. Cuvilly
Port-au-Prince, le 28 janvier 2026.- Intervenant ce mercredi 28 janvier sur les ondes de Radio Magik 9, la Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ouest (CCIO) et Vice-présidente de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH), Mme Martine L. Cuvilly a souligné l’urgence d’une meilleure adéquation entre formation et emploi en Haïti. À l’occasion de l’annonce d’une table ronde sur les compétences et l’avenir, elle a plaidé pour une co-construction durable entre universités, centres de formation et secteur privé, afin de répondre aux réalités économiques et démographiques du pays.
Lors de son intervention radiophonique, Mme Martine L. Cuvilly a mis en évidence un déséquilibre persistant entre la croissance démographique et les opportunités d’emploi disponibles en Haïti. Selon elle, le défi central ne réside pas uniquement dans l’accès à l’éducation, mais surtout dans la qualité et la pertinence des compétences transmises face aux besoins réels du marché du travail.
Elle insiste sur l’importance de développer des capacités clés telles que l’analyse, la crédibilité professionnelle, la résolution de problèmes et l’adaptation à des environnements complexes. « Il faut être capable d’identifier un problème, de l’analyser et de proposer des solutions concrètes », a-t-elle expliqué, soulignant que ces aptitudes restent insuffisamment valorisées dans les parcours de formation actuels.
Mme Cuvilly a également évoqué la nécessité d’adapter les formations aux réalités territoriales et sectorielles. Elle cite notamment l’agriculture et l’agro-industrie, où de nouvelles compétences techniques et des innovations pourraient améliorer la productivité et favoriser l’exportation. De même, dans des domaines comme la comptabilité ou la gestion, elle déplore un retard dans l’intégration d’outils et de logiciels modernes au sein des programmes de formation.
Au cœur de sa réflexion figure la question de l’adéquation formation-emploi. Pour elle, celle-ci ne peut être atteinte sans une collaboration étroite entre universités, établissements professionnels et entreprises. Elle a rappelé certaines expériences de programmes de stages et de partenariats, tout en reconnaissant leurs limites, faute d’une réelle co-construction des contenus pédagogiques avec le secteur privé.
Face à un contexte marqué par l’instabilité et l’insécurité, Mme Cuvilly appelle à dépasser le simple niveau de formation de base. Elle plaide pour le développement de compétences certifiantes, d’expériences pratiques et d’un second niveau de qualification permettant aux jeunes et aux professionnels d’être plus compétitifs et résilients.
La table ronde annoncée se veut ainsi un espace de réflexion collective sur l’avenir, l’investissement dans le capital humain, la formation, la recherche et l’innovation. Selon Mme Cuvilly, ces leviers sont essentiels pour bâtir une économie plus inclusive, connectée aux dynamiques régionales et internationales, et capable de répondre aux défis structurels du pays.
W. A.

























