Port-au-Prince, le 30 septembre 2025.- En dénonçant un “système tripartite” de contrôle de l’insécurité, gangs armés, gouvernement et secteur privé, le syndicaliste Jacques Anderson Desroches révèle que le transport maritime de marchandises entre Port-au-Prince et Miragoâne génère près de 54 millions de dollars par mois, profitant à certains acteurs du privé au détriment de l’ouverture des routes nationales.
Lors de sa participation, ce mardi 30 septembre, à l’émission Panel Magik, Jacques Anderson Desroches, figure syndicale du secteur du transport, a dressé un tableau inquiétant des mécanismes économiques qui alimentent la crise sécuritaire dans le pays. Selon lui, le cabotage transport des camions de marchandises par voie maritime est devenu une véritable mine d’or pour certains opérateurs privés.
« Chaque camion paie 1 500 dollars US pour traverser par mer entre l’Autorité Portuaire Nationale (APN) et Miragoâne », a-t-il révélé. Ce système représenterait 54 millions de dollars par mois, une manne qui, selon le syndicaliste, profite directement à des acteurs du secteur maritime. Ces derniers auraient tout intérêt à maintenir l’insécurité et l’impraticabilité des routes nationales, notamment vers le Grand Sud, afin de préserver ce marché lucratif.
Jacques Anderson Desroches accuse trois forces principales de tirer profit de cette situation : les gangs armés, qui verrouillent les axes routiers ; le gouvernement, qui tolère ou encourage ce statu quo ; et une partie du secteur privé, qui tire avantage de cette rente de crise.
Toutefois, le syndicaliste annonce qu’une concertation est en cours entre différentes structures syndicales pour tenter de débloquer le Grand Sud. Il promet que « de bonnes nouvelles » pourraient être annoncées bientôt, afin de mettre fin à cette dépendance au cabotage maritime imposée par l’insécurité.
W. A.



























