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Port-au-Prince, le 23 décembre 2025.- Sur les ondes de Radio Magik 9, ce mardi 23 décembre, Rosie Auguste Ducéna, responsable du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a dressé un bilan accablant de l’année 2025. Corruption, justice défaillante, échec sécuritaire et dérives du Conseil présidentiel de transition (CPT) : l’organisation pointe notamment la demande d’indemnités de départ pouvant atteindre 600 000 dollars américains par certains membres du CPT après le 7 février 2026.
Selon Mme Ducéna, le rapport de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) a déjà conduit à l’inculpation de trois membres du CPT pour des faits présumés de corruption, sans réponses convaincantes sur l’utilisation des fonds publics. Elle dénonce un exécutif entaché par des scandales, notamment celui de la BNC, qui auraient miné la crédibilité de la transition et entravé le fonctionnement normal de l’État.
Sur le plan judiciaire, le RNDDH dresse un tableau préoccupant : en 2025, seules 13 juridictions de première instance ont réellement fonctionné, malgré l’annonce de 18. Sur 413 dossiers attendus, 243 audiences ont été programmées. Résultats : 162 condamnations, 81 libérations, et 170 personnes renvoyées en prison pour dossiers incomplets ou décisions de dépôt de pièces, révélant les dysfonctionnements persistants du système.
Mme Ducéna salue néanmoins la création de cinq nouvelles juridictions de première instance, notamment à Zilé (La Gonâve) et Ouanaminthe, considérées comme pertinentes mais demeurées largement inopérantes faute de moyens. Elle note également la mise en place de deux pôles judiciaires spécialisés (crimes de masse incluant les violences sexuelles, et crimes financiers), aux résultats toutefois limités : seulement 17 condamnations pour crimes sexuels recensées en 2025.
Concernant la sécurité, le RNDDH évoque un échec total, lié notamment à l’affaiblissement des capacités de renseignement et à l’incapacité de l’État à garantir la liberté de circulation et le droit à la vie. Les initiatives annoncées en matière de dialogue national et de réforme constitutionnelle sont qualifiées de superficielles et déconnectées des besoins réels de la population.
Enfin, l’organisation s’alarme de l’information selon laquelle des membres du CPT souhaiteraient percevoir une prime de départ comprise entre 500 000 et 600 000 dollars après le 7 février 2026. Le RNDDH annonce sa volonté de s’opposer fermement à cette initiative, qu’il juge indécente au regard des résultats jugés nuls de la transition et de l’impossibilité, selon lui, d’organiser des élections crédibles dans un processus déjà compromis.
W. A.



























