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Washington accélère l’expulsion des mineurs migrants non accompagnés

©️UNICEF

Washington, le 24 juillet 2025.- L’administration trump met en place une nouvelle politique visant à expulser plus rapidement les mineurs migrants non accompagnés, en leur demandant s’ils souhaitent quitter volontairement les états-unis. cette mesure, qui touche principalement les jeunes de 14 à 17 ans originaires de pays autres que le mexique et le canada, suscite une vive inquiétude chez les défenseurs des droits de l’enfant.

L’administration trump a décidé de franchir une nouvelle étape dans sa politique migratoire en autorisant les agents fédéraux à proposer aux mineurs non accompagnés, âgés de 14 à 17 ans, de quitter volontairement le territoire américain. cette mesure s’applique désormais à des enfants venus de pays hors mexique et canada, rompant avec une pratique jusque-là réservée aux ressortissants de ces deux nations frontalières.

Jusqu’à présent, les enfants arrivés seuls aux États-Unis étaient généralement confiés au Département de la Santé (HHS), qui assurait leur prise en charge et leur placement auprès de proches ou de familles d’accueil. Désormais, s’ils acceptent de partir, les jeunes seront directement remis à l’ice (immigration and customs enforcement) pour une procédure d’expulsion rapide. en cas de non-intervention de l’ice dans un délai de 72 heures, ils seront transférés vers le hhs.

Selon le département de la sécurité intérieure, cette approche découlerait d’une extension d’une pratique inscrite dans la loi de 2022 sur la protection des victimes de la traite (tvpra). Pourtant, les experts en droits de l’enfant dénoncent une grave dérive. « un enfant ne peut comprendre les implications d’une auto-expulsion sans l’aide d’un avocat », alerte neha desai, du national center for youth law. Elle accuse l’administration d’utiliser les enfants comme des « pions » dans une politique d’expulsions massives.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement migratoire. Les autorités ont renforcé les contrôles sur les familles d’accueil, augmenté les renvois vers les tribunaux et limité les services juridiques aux enfants migrants. Une stratégie qualifiée de « démantèlement progressif » des protections instaurées par la loi fédérale, selon plusieurs experts.

Malgré les justifications avancées, cette nouvelle directive soulève de sérieuses interrogations quant au respect des droits fondamentaux des enfants migrants. alors que ces derniers sont considérés comme une population particulièrement vulnérable, l’absence d’accompagnement légal et psychologique dans une telle décision met en lumière les conséquences humaines d’une politique migratoire de plus en plus agressive.

W. E.