D’après une enquête approfondie de la journaliste Indira Vásquez publiée dans Listín Diario tôt ce mardi 9 décembre , l’élève haïtienne de 11 ans, Stephora Ann-Merci Joseph, est morte d’asphyxie mécanique par noyade lors d’une excursion scolaire organisée en violation des règles en vigueur. Les vidéos de surveillance montrent une absence totale de supervision pendant plus de 30 minutes, période durant laquelle l’enfant se noyait sans que les responsables présents n’interviennent. Le parquet de Santiago a requis des mesures coercitives contre quatre membres du personnel de l’institut Leonardo Da Vinci, accusés d’homicide involontaire et de négligence extrême.
Vingt-cinq jours après le drame, le rapport 552-2025 de l’Institut national des sciences médico-légales a déterminé la cause du décès : asphyxie mécanique par noyade, qualifiée de mort violente. Le rapport souligne une insuffisance respiratoire aiguë, survenue rapidement.
Aucune heure précise du décès n’a pu être établie, bien que les faits aient débuté vers 9 h 45, alors que le corps n’a été retiré de l’eau qu’à 14 h 05.
Une noyade filmée, mais ignorée
Selon les informations publiées par Listín Diario, la jeune Stephora est entrée dans une piscine dépourvue de signalisation. En atteignant la partie profonde, elle a immédiatement commencé à couler. Les images de vidéosurveillance, mentionnées par le parquet, montrent :
Stephora battant des bras pour appeler à l’aide, des enfants pointant vers elle, les mains levées et aucune réaction des responsables chargés de surveiller les mineurs.
L’accusée Francisca Josefina Tavarez Vélez est vue marchant le long du bord de la piscine, passant à côté de l’enfant en détresse sans se retourner. Un peu plus loin, l’autre accusée, Vilma Altagracia Vargas Morel, est filmée pendant 31 minutes utilisant son téléphone et discutant, sans surveiller la piscine. Le corps de Stephora est resté au fond de l’eau pendant 30 minutes, avant d’être aperçu par un autre élève.
Refus d’appeler les secours
Autre élément accablant : lorsque des élèves et un employé ont insisté pour contacter le 911 à 10 h 20, Francisca Tavarez a répondu : « Non. Ils appellent le directeur. »
L’école a été appelée avant les secours. La mère, quant à elle, n’a été contactée qu’une heure et vingt-cinq minutes plus tard, et on lui a faussement affirmé que sa fille « vomissait ». Elle a finalement été informée du décès quatre heures après son arrivée sur les lieux.
Une excursion illégale
L’activité, intitulée « Célébration de la Garde d’honneur », a été organisée en violation directe de l’arrêté ministériel 09-2009, qui interdit toute sortie scolaire dans des piscines, rivières, lacs ou plages. Selon la Protection civile, le lieu choisi ne disposait :
- ni de sauveteurs,
- ni de signalisation,
- ni de voies d’évacuation,
- ni d’un protocole d’urgence minimal.
L’école n’a pas non plus vérifié quels élèves savaient nager. La mère de la victime a confirmé que Stephora ne savait pas nager.
Quatre responsables poursuivis
Le parquet de Santiago a requis des mesures coercitives à l’encontre de quatre membres de l’école Leonardo Da Vinci : Yris del Carmen Reyes Adames, directrice administrative,
Gisela Altagracia de las Mercedes González, coordinatrice générale,
Francisca Josefina Tavarez Vélez, conseillère,
Vilma Altagracia Vargas Morel, coordinatrice du secondaire.
Elles sont accusées de :
- homicide involontaire (art. 319 CP),
- abandon et mauvais traitements sur mineurs (art. 351-2 CP),
- violation de la Loi 136-03 sur les droits des enfants et adolescents.
Selon le parquet, la mort de Stephora est la conséquence directe d’une excursion illégale, d’un environnement dangereux, et d’une négligence extrême.
W. A. avec Listín diario
























