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Dans un rapport accablant, l’Organisation des Nations Unies (ONU) alerte sur la gravité de la crise sécuritaire en Haïti, marquée par des exécutions sommaires, la brutalité des gangs et l’effondrement des institutions publiques. Lors d’un entretien accordé à ONU Info, l’expert indépendant William O’Neill a dénoncé la banalisation des droits humains et le désespoir profond qui ronge la société haïtienne.
Il a notamment évoqué l’enrôlement croissant des enfants dans les gangs, ainsi que les violences sexuelles dont sont victimes de nombreuses jeunes filles. « C’est une véritable catastrophe pour Haïti d’avoir une jeunesse aussi exposée à la violence, et des adolescentes marquées à vie par des agressions à 15 ou 16 ans », a-t-il déclaré.
La violence extrême n’épargne personne, a-t-il poursuivi, soulignant que même les personnes âgées sont ciblées. Il cite le cas de 15 individus soupçonnés d’avoir collaboré avec la police, exécutés sauvagement et abandonnés dans les rues.
O’Neill a également mis en lumière la faiblesse criante de l’État, notamment l’insuffisance des effectifs policiers — à peine 11 000 agents pour une population de 11 millions d’habitants. Face à cette impuissance, les exécutions sommaires perpétrées par des groupes d’autodéfense se multiplient, symptôme selon lui d’un profond désespoir collectif.
Il a en outre critiqué l’utilisation des drones kamikazes par la Police nationale d’Haïti, qu’il juge inefficace. À la place, il plaide pour l’intervention d’une force robuste, ciblée et bien équipée, capable de démanteler les gangs en quelques semaines.
Pour l’expert, ces groupes armés ne suivent aucune idéologie politique : leur unique moteur est la recherche de l’argent, de la violence, des femmes et des biens matériels.
W. E.


























