l’ex-ministre de la Culture, Emmelie Prophète et l’ancienne ambassadrice d’Haïti à l’UNESCO, Dominique Dupuy
Port-au-Prince, le 10 décembre 2025.- Invitées à Panel Magik ce 10 décembre, l’ancienne ministre de la Culture Emmelie Prophète et l’ancienne ambassadrice d’Haïti à l’UNESCO Dominique Dupuy ont salué l’inscription du Compas sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Elles appellent à investir dans la formation musicale, à intégrer ce rythme dans l’éducation des enfants et à protéger ce patrimoine comme héritage essentiel pour les générations futures.
Emmelie Prophète s’est dite « remplie de joie » à l’annonce de l’inscription du Compas par l’UNESCO, rappelant que ce rythme emblématique constitue « un élément identitaire majeur » pour Haïti. Selon elle, cette reconnaissance mondiale doit encourager le pays à renforcer l’éducation culturelle en intégrant le Compas dans l’apprentissage musical dès le jeune âge.
L’ancienne ministre souligne toutefois que la consolidation du secteur culturel nécessite « des investissements importants », appelant à un retour à la paix pour permettre de véritables avancées, notamment dans la création d’espaces de formation musicale.
Un symbole d’espoir et de résilience
Pour Dominique Dupuy, cette inscription intervient « dans un moment de ténèbres » pour Haïti, mais elle ravive l’espoir et renforce « le droit total du pays de participer pleinement aux débats et mouvements internationaux ». Elle établit un parallèle avec d’autres reconnaissances : la soupe joumou, témoignage du parcours historique d’Haïti vers la liberté, et le kasav, ancré dans la mémoire caribéenne. Le Compas, affirme-t-elle, réaffirme quant à lui l’attachement des Haïtiens « à l’amour, à la joie et à la liberté ».
Une reconnaissance facilitée par son rayonnement international
Dominique Dupuy a indiqué que, contrairement à l’inscription de la soupe joumou, celle du Compas a exigé « moins de formalités », le rythme bénéficiant déjà d’une forte présence internationale. Elle remercie les institutions et experts ayant contribué au dossier, en particulier l’ancienne ministre Emmelie Prophète, la Commission nationale haïtienne pour l’UNESCO et les communautés porteuses de cette tradition.
Un appel à la préservation pour les générations futures
Les deux intervenantes s’accordent sur un point essentiel : la nécessité de protéger le Compas, non seulement comme musique, mais comme patrimoine vivant, reflet de la créativité et de la résilience du peuple haïtien. Son inscription mondiale doit servir de levier pour renforcer la transmission, structurer les filières musicales et valoriser la culture haïtienne sur la scène internationale.
W. A.





























