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HOPE/HELP renouvelée : un sursis d’un an face à l’effondrement de l’emploi textile en Haïti

©️photo : Ayibo Post

Port-au-Prince, le 9 février 2026.- Alors que les États-Unis ont renouvelé pour une seule année la loi HOPE/HELP, censée soutenir l’industrie textile haïtienne, les chiffres révélés par la syndicaliste Yannick Étienne, de Batay Ouvriye, dressent un tableau alarmant : près de 62 000 emplois perdus, soit environ 62 % des effectifs du secteur, majoritairement des femmes, souvent cheffes de familles monoparentales. Une décision jugée insuffisante face à une crise sociale et économique profonde.

Dans son intervention sur Magik 9, ce lundi 9 février 2025, Yannick Étienne a souligné l’ampleur des dégâts humains causés par l’effondrement du secteur textile. La perte massive d’emplois affecte non seulement les ouvrières licenciées, mais l’ensemble des familles qui dépendent de ces revenus, dans un contexte marqué par l’insécurité, l’inflation et la cherté de la vie. « Si ces femmes perdent leur emploi, ce sont des familles entières qui basculent », a-t-elle averti.

La responsable syndicale dénonce également la précarisation structurelle du travail dans les usines encore opérationnelles : suspensions temporaires répétées, absence de sécurité de l’emploi et abus des mécanismes censés protéger les travailleurs. À cela s’ajoute la domination quasi totale d’investisseurs étrangers, notamment coréens, réputés pour leurs pratiques antisyndicales, tandis que les entrepreneurs haïtiens restent largement absents du secteur.

Pour Batay Ouvriye, le renouvellement d’un an de HOPE/HELP ne permet ni d’attirer des investissements durables ni de planifier une véritable relance. Yannick Étienne appelle à un changement de paradigme, plaidant pour un plan de contingence immédiat, la diversification de l’économie, l’industrialisation, le développement de filières locales à plus forte valeur ajoutée et la formation technique des ouvriers afin de sortir Haïti du simple rôle d’économie d’assemblage.

W. A.