@Compte Facebook Enomy Germain
Port-au-Prince, le 1er octobre 2025.- Trois décrets budgétaires successifs, une exécution des dépenses d’investissement limitée à 25,4 % et une contraction du PIB estimée à -3,1 % : l’exercice fiscal 2024-2025 se termine sur fond de crise macroéconomique. Entre instabilité budgétaire, inflation galopante et insécurité alimentaire, les perspectives pour 2025-2026 demeurent étroitement liées au rétablissement de la sécurité.
Invité à l’émission Panel Magik, ce mercredi 1ᵉʳ octobre, l’économiste Enomy Germain a livré une analyse critique de la conjoncture. Selon lui, l’année écoulée illustre à la fois l’absence de vision stratégique et l’effondrement des fondamentaux économiques.
Une planification erratique et une faible exécution
L’exercice 2024-2025 a été marqué par l’adoption de trois décrets budgétaires, dont le dernier une semaine avant la clôture de l’année fiscale. Cette instabilité traduit un déficit de crédibilité et d’orientation claire de la part du gouvernement.
En matière d’exécution, les chiffres sont tout aussi préoccupants : au 31 août 2025, seulement 65,8 % des ressources prévues avaient été mobilisées et 56,4 % des dépenses réalisées. Les dépenses d’investissement, censées soutenir le développement, n’ont atteint qu’un quart de leur objectif initial.
Un effondrement des indicateurs économiques
La croissance du PIB devrait reculer de 3,1 %, marquant une septième année consécutive de contraction. L’inflation a grimpé à 31,1 % en août 2025, laminant le pouvoir d’achat. L’emploi, déjà fragile, reste en berne : le secteur textile, seul suivi régulièrement, a perdu près de 200 emplois entre octobre 2024 et mai 2025. Conséquence directe, près de 5,7 millions de personnes sont aujourd’hui en insécurité alimentaire, soit la moitié de la population.
Un commerce extérieur et un secteur bancaire fragilisés
La balance commerciale s’est davantage dégradée, avec des exportations en recul de 9,4 % et des importations en hausse de plus de 10 %, creusant le déficit de 14,5 %. Le secteur bancaire affiche une rentabilité en hausse (+12,3 % de bénéfices nets), mais cette performance repose sur une réduction des coûts plus que sur une dynamique réelle de croissance, limitant son rôle de soutien à l’économie.
Perspectives conditionnées à la sécurité
Pour Enomy Germain, la priorité absolue reste la restauration de la sécurité et la libération des axes routiers. Sans cela, toute politique économique demeure inopérante. Le budget 2025-2026 devra envoyer les premiers signaux crédibles d’une relance possible, mais la fenêtre d’action se referme rapidement.
W. A.




























