Le journaliste Michel Joseph
Port-au-Prince, le 26 février 2026.- Invité sur Radio Magik 9 le 26 février, le journaliste Michel Joseph, fondateur de Voie d’Espoir, a détaillé l’ambitieux projet RAPWOCHE/KONEKTE mené avec Plan Kiskeya pour reconnecter adoptés haïtiens et familles biologiques. Plus de 500 familles ont déjà été enregistrées, plus de 50 tests ADN réalisés récemment aux Cayes, et plusieurs correspondances positives établies avec des adoptés vivant à l’étranger. Une initiative qui bouscule le silence imposé par l’adoption plénière.
Au cœur de cette démarche : le droit à l’origine. Michel Joseph rappelle que pendant des décennies, l’adoption internationale en Haïti s’est faite sous le régime de l’adoption plénière, coupant définitivement les liens juridiques entre l’enfant et sa famille biologique. « Rien au monde ne peut empêcher un enfant de chercher ses parents biologiques », affirme-t-il, soulignant que cette quête identitaire n’est ni une trahison ni une ingratitude envers les parents adoptifs, mais un besoin humain fondamental.
Le 23 février 2026, plus d’une centaine de familles biologiques se sont réunies aux Cayes, à l’hôtel La Cayenne, pour participer officiellement au projet. Cette journée, marquée par des témoignages poignants de mères et de pères séparés de leurs enfants, a permis la réalisation de plus de cinquante tests ADN. Les échantillons seront analysés par le laboratoire FamilyTreeDNA et les résultats rendus accessibles via une plateforme sécurisée, afin de faciliter d’éventuelles correspondances avec des adoptés déjà testés à l’étranger.
Depuis la phase pilote lancée à Jérémie en 2024, la base de données conjointe couvre désormais le Grand Nord, le Grand Sud et Port-au-Prince. Plus de 500 familles y sont enregistrées. Des guichets ont été ouverts, des messages diffusés à la radio et dans les églises pour encourager les parents biologiques à se manifester. Selon Michel Joseph, plusieurs correspondances ADN ont déjà permis d’établir un contact entre des adultes adoptés et leurs familles en Haïti, transformant une attente de plusieurs années en espoir concret.
Au-delà de la génétique, l’initiative se veut éthique et structurée. Elle vise à redonner une voix à des familles souvent privées de moyens pour se faire entendre, tout en accompagnant les adoptés désireux de se reconnecter à leur pays, leur langue et leur culture. Pour Voie d’Espoir et Plan Kiskeya, l’ADN n’est pas qu’un outil scientifique : il devient un pont entre deux mondes, une tentative de réparer l’histoire et de restaurer une filiation longtemps réduite au silence.

W.A.






















