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TPS before the Supreme Court: Mr.Frandley Denis Julien denounces the US government's "weak arguments"

Me Frandley Denis Julien

Washington, le 17 mars 2026.- Invité à l’émission Panel Magik sur Magik 9 ce mardi 17 mars 2026, l’avocat Me Frandley Denis Julien a vivement critiqué la position du gouvernement américain dans le dossier du Statut de Protection Temporaire (TPS). Il estime que l’argument d’urgence avancé pour mettre fin au programme est infondé, juridiquement fragile et potentiellement entaché de considérations discriminatoires. La décision de la Cour suprême pourrait avoir des conséquences majeures pour des milliers de bénéficiaires, notamment haïtiens.

Une «urgence» contestée

Selon Me Denis Julien, le gouvernement américain a abusé de l’argument d’urgence pour justifier certaines décisions liées au TPS. Il soutient qu’aucun fait concret ne démontre un danger immédiat nécessitant des mesures aussi drastiques.

« L’argument selon lequel il y aurait un dommage irréparable si les bénéficiaires ne sont pas immédiatement expulsés n’a pas convaincu », a-t-il expliqué, rappelant que certaines situations similaires n’ont jamais justifié une telle précipitation.

Une bataille juridique centrée sur la procédure

L’avocat souligne que le cœur du litige ne porte pas uniquement sur la décision de mettre fin au TPS, mais surtout sur le processus utilisé par l’administration américaine.

Il avance que :

  • le gouvernement n’a pas respecté les procédures administratives requises ;
  • la décision n’a pas été suffisamment motivée par une analyse indépendante et spécifique à chaque pays ;
  • les tribunaux inférieurs ont été saisis pour contester cette irrégularité procédurale.

La Cour suprême face à un enjeu de crédibilité

Pour Me Denis Julien, l’affaire dépasse le simple cadre migratoire et touche à la crédibilité même de la Cour suprême des États-Unis.

Deux grandes options se présentent :

  • Confirmer les décisions des juridictions inférieures et maintenir le TPS ;
  • Ou valider la position du gouvernement, au risque de cautionner une démarche jugée «non compétitive» sur le plan juridique.

Il évoque même des précédents où des juges ont refusé de suivre des arguments gouvernementaux jugés trop faibles.

Une possible dimension constitutionnelle et discriminatoire

Parmi les arguments avancés, Me Denis Julien met en avant une question constitutionnelle majeure :

  • Les 13 pays concernés par la fin du TPS seraient majoritairement non blancs ;
  • Cette situation pourrait révéler un biais discriminatoire dans la décision gouvernementale.

Il rappelle que le TPS a été conçu comme un instrument humanitaire et de politique étrangère destiné à protéger les ressortissants de pays en crise.

Le cas d’Haïti au cœur des préoccupations

Concernant Haïti, l’avocat insiste sur le décalage entre la réalité du pays et les arguments avancés pour mettre fin au TPS.

Il souligne notamment :

  • Une crise sécuritaire et humanitaire persistante ;
  • Un taux élevé de déplacés internes ;
  • L’absence de preuves démontrant une amélioration significative de la situation.

Selon lui, ces éléments affaiblissent davantage la position de l’administration américaine.

Un dossier à forts enjeux politiques

Enfin, Me Denis Julien évoque des considérations politiques plus larges, notamment liées à des orientations stratégiques comme le «Project 2025», qui viserait à restreindre l’usage du TPS à l’avenir.

Il prévient que même en cas de victoire devant les tribunaux, le programme pourrait être remis en cause par des décisions politiques ultérieures.

L’intervention de Me Frandley Denis Julien met en lumière un dossier complexe où s’entremêlent droit administratif, enjeux constitutionnels et considérations politiques. La décision de la Cour suprême sera déterminante non seulement pour les bénéficiaires du TPS, mais aussi pour l’avenir de cet outil juridique.

W.A.