Me Sabine Boucher
Port-au-Prince, le 25 juillet 2026.- Dans un entretien accordé à l’émission Panel Magik sur Magik 9 le 23 juillet dernier, Me Sabine Boucher, présidente de la commission technique de coordination au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), a dévoilé la stratégie nationale pour l’application des nouveaux codes pénal et de procédure pénale. Composée de 11 membres issus des grandes institutions judiciaires et académiques, cette commission a pour mission d’harmoniser la transition. Elle s’appuie sur un plan rigoureux en cinq axes stratégiques, combinant réorganisation institutionnelle, formation des acteurs de terrain, vulgarisation culturelle et implication directe de la société civile pour garantir une appropriation globale de cette réforme historique.
La mise en œuvre des nouveaux codes s’annonce comme un chantier de grande envergure. Pour orchestrer cette transition sans précédent, le MJSP a misé sur une approche inclusive en créant une commission de coordination technique forte de 11 membres. Outre trois experts choisis par le ministre, la structure intègre le directeur des affaires judiciaires, un représentant de la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH), deux responsables de l’École de la magistrature (EMA) et un délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). La Police nationale d’Haïti (PNH) y est également représentée pour coordonner la formation des aspirants et des cadres au sein de l’ENP et de l’ANP. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Université d’État d’Haïti (UEH) sont quant à eux attendus pour compléter ce front institutionnel.
Pour mobiliser efficacement la chaîne judiciaire et le grand public, la commission déploie un programme structuré autour de cinq axes fondamentaux. Le premier repose sur une étroite coordination institutionnelle afin de préparer techniquement chaque entité à l’application des textes. Le second axe cible la sensibilisation citoyenne à travers des dialogues communautaires et des forums publics. Cette démarche vise à faire comprendre et accepter les changements majeurs, tels que la transition historique du poste traditionnel de commissaire du gouvernement vers la nouvelle fonction de procureur de la République, une mutation qui suscite déjà de nombreux débats doctrinaux.
Le cœur opérationnel du projet repose sur la formation pratique, constituant le troisième axe. Ce volet prévoit des ateliers intensifs pour les nouveaux officiers de police judiciaire (OPJ), des cliniques juridiques universitaires offrant des conseils gratuits et des concours nationaux de plaidoirie et de dissertation pour stimuler la production doctrinale haïtienne. Enfin, les deux derniers axes s’articulent autour d’outils transversaux, incluant la publication de guides et de manuels de procédure pour les facultés de droit, et d’une large campagne de communication culturelle. Cette dernière sera menée en synergie avec le ministère de la Culture pour diffuser des capsules vidéo et des messages explicatifs à travers les médias traditionnels, en ligne et les réseaux sociaux, avec le concours actif de la presse.
W.A.



























