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Pitit Desalin: Between registration to the CEP and massive resignation of its executives in the South

The leader of Parti Pitit Desalin, Moïse Jean Charles

Port-au-Prince, le 13 mars 2026.- Le parti «Pitit Desalin», dirigé par l’ancien sénateur Moïse Jean Charles, est au cœur d’une actualité contradictoire. Alors que son leader conteste publiquement la légitimité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le parti s’est officiellement inscrit au Conseil Électoral Provisoire (CEP) ce jeudi 12 mars 2026. Simultanément, 14 coordonnateurs communaux du département du Sud ont annoncé leur démission en bloc, dénonçant la gestion de leur secrétaire général.

Malgré les déclarations publiques de Moïse Jean Charles qualifiant le pouvoir en place d’illégitime et affirmant que son parti ne participerait pas au processus électoral, les faits indiquent une stratégie différente. Selon des sources concordantes, le parti Pitit Desalin figure bien sur la liste des 320 organisations politiques inscrites auprès du Conseil Électoral Provisoire (CEP). L’enregistrement aurait été finalisé hier soir, jeudi 12 mars, à l’échéance légale fixée pour le dépôt des candidatures des partis.

Cette décision d’intégration au processus électoral intervient dans un climat de tension interne extrême. Le mercredi 11 mars 2026, soit 24 heures avant l’inscription au CEP, une correspondance officielle a acté la démission de 14 des 20 coordonnateurs communaux du parti dans le Sud.

Dans cette lettre adressée au Secrétariat Général, les signataires (représentant des communes clés comme Les Cayes, Aquin, Port-Salut et Torbeck) justifient leur départ par plusieurs griefs :
Divergence d’objectifs : Ils reprochent à Moïse Jean Charles de privilégier ses intérêts personnels et la recherche de postes au sein des gouvernements successifs (de Privert au CPT/KPT).- Rupture de confiance : Les démissionnaires dénoncent des promesses non tenues et une exploitation du militantisme de base au profit du cercle familial du leader.
Critique de la ligne politique : La lettre souligne une déconnexion entre le discours révolutionnaire adressé au peuple et la réalité des négociations politiques en coulisses.

La liste des démissionnaires comprend des figures locales importantes, notamment Davidson Lizaire (Les Cayes), Julner Lomba (Aquin) et Dessalines Jacinthe (Port-Salut). Ce départ massif ampute la Coordination Départementale du Sud de près de 70% de ses cadres communaux, au moment même où le parti s’engage officiellement dans la course électorale.

Cette situation place le parti Pitit Desalin face à un défi double : maintenir sa base électorale malgré les accusations de ses anciens cadres, et clarifier sa position officielle vis-à-vis du gouvernement Fils-Aimé et du CEP.

W.A.