Home Economy Haiti on the brink of economic chaos despite a surprisingly strong banking system

Haiti on the brink of economic chaos despite a surprisingly strong banking system

©️photo : BRH

Port-au-Prince, le 1er mai 2026.- Réunie les 28 et 29 avril 2026 à l’Hôtel Royal Oasis, à Pétion-Ville, la Banque de la République d’Haïti a présenté un tableau contrasté de l’économie nationale lors du Sommet international de la finance. Entre contraction du PIB, inflation élevée et ralentissement mondial, le pays reste sous pression. Pourtant, le système bancaire affiche une résilience remarquable, soutenue par une liquidité élevée, une forte capitalisation et une progression notable des services financiers numériques.

Les 28 et 29 avril, la Banque de la République d’Haïti a participé au Sommet international de la finance autour du financement du développement local par les municipalités, notamment à travers les bons municipaux. Lors de la deuxième journée consacrée au système bancaire, les représentants de la banque centrale ont dressé un état des lieux préoccupant de l’économie.

Les analyses révèlent un ralentissement de la croissance mondiale, passée de 3,4 % à 3,1 %. Dans ce contexte, Haïti continue de subir de fortes contraintes économiques, avec un produit intérieur brut en contraction de -2,7 % en 2025 et une projection de -1,7 % en 2026. L’inflation, bien qu’en recul, reste élevée, passant de 32,2 % à 20,6 % entre novembre 2025 et mars 2026.

Malgré ces difficultés, certains indicateurs montrent des signes d’ajustement. Le taux de change demeure relativement stable, oscillant entre 130 et 132 gourdes pour un dollar américain. Les réserves internationales couvrent entre 7 et 8 mois d’importations, tandis que les transferts de la diaspora ont connu une hausse significative de 23,8 %, atteignant 2,6 milliards de dollars en six mois.

Dans ce contexte fragile, le système bancaire haïtien fait preuve de solidité. Il reste rentable avec un rendement de 1,27 %, maintient une liquidité élevée autour de 54 % et affiche un ratio de fonds propres réglementaires de 23,02 %, bien au-dessus du minimum requis de 12 %. Ces performances témoignent de sa capacité à résister aux chocs économiques.

Par ailleurs, l’inclusion financière progresse. Alors que le nombre de comptes bancaires reste inférieur à 3 millions, les services financiers numériques atteignent environ 8 millions d’abonnés, facilitant l’accès aux services financiers pour une large partie de la population, notamment dans les zones moins desservies.

La banque centrale poursuit également la modernisation du système financier à travers des infrastructures comme le Dépositaire central de titres et le Système de transfert automatisé, visant à renforcer la sécurité, la transparence et l’efficacité des transactions.

Enfin, les discussions ont porté sur les perspectives de développement des bons municipaux, envisagés comme un levier potentiel pour financer le développement local. Toutefois, leur mise en œuvre nécessitera encore des ajustements et un cadre réglementaire renforcé.

W.A.