©️photo : Primature
Port-au-Prince, le 30 mai 2026.- Le ministre de la Défense, Mario Andrésol, estime que la démobilisation des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) en 1995 a créé un vide sécuritaire ayant favorisé l’émergence des groupes armés et renforcé la dépendance du pays aux interventions étrangères. Invité de l’émission « Wi, Ayiti Nou Kapab », il a présenté la reconstruction de l’armée comme un pilier essentiel de la souveraineté nationale, tout en détaillant les objectifs du gouvernement visant à renforcer les capacités opérationnelles des FAd’H.
Une lecture critique de la décision de 1995
Pour Mario Andrésol, la dissolution de l’armée haïtienne constitue l’une des décisions les plus lourdes de conséquences dans l’histoire récente du pays.
« La décision de démobiliser l’armée en 1995 a été une erreur stratégique. On a eu un vide sécuritaire et cela a facilité l’émergence des groupes armés », a déclaré le ministre lors de son intervention.
Ancien militaire et ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), il considère que l’absence d’une force armée nationale a progressivement affaibli la capacité de l’État à contrôler son territoire et à répondre efficacement aux menaces sécuritaires.
Les FAd’H en soutien à la lutte contre les gangs
Le titulaire du ministère de la Défense a rappelé que les Forces Armées d’Haïti participent déjà à l’effort national de sécurité en apportant un appui aux opérations de la PNH contre les groupes armés.
Selon lui, la vision du gouvernement consiste à faire évoluer progressivement les FAd’H vers une force capable de contribuer à la reconquête des territoires sous l’emprise des gangs, tandis que la police continuera d’assurer ses missions traditionnelles de maintien de l’ordre public.
Un plan d’expansion des effectifs militaires
Mario Andrésol a également présenté les principales actions engagées pour renforcer l’institution militaire. L’objectif affiché est de faire passer les effectifs des FAd’H de 2 000 à 5 000 soldats d’ici la fin de l’année.
Ce plan comprend notamment la réhabilitation des infrastructures militaires ainsi qu’une campagne nationale de recrutement destinée aux soldats, sous-officiers, officiers et cadres spécialisés.
Le ministère affirme vouloir privilégier des profils fondés sur le sens du devoir, l’engagement communautaire et la solidarité sociale afin de bâtir une armée au service de la nation.
Une armée moderne au service du développement
Au-delà des enjeux sécuritaires, le ministre a plaidé pour la mise en place d’une armée moderne, professionnelle et républicaine, placée sous l’autorité du pouvoir civil et respectueuse des droits humains.
Il a également souligné que les FAd’H devront contribuer au développement national à travers des projets d’infrastructures, de reboisement, de protection environnementale et de planification territoriale.
Pour Mario Andrésol, la reconstruction des Forces Armées d’Haïti ne répond pas uniquement à une exigence sécuritaire, mais s’inscrit dans une vision plus large visant à renforcer la souveraineté, la stabilité et les capacités de l’État haïtien.
W.A.



























