Des personnes déplacées dans le département de l’Artibonite quittent précipitamment leurs quartiers, emportant quelques effets personnels•©️photo : ONU
Artibonite, le 9 avril 2026.- Dans un rapport des Nations Unies, publié ce jeudi 9 avril, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a présenté un nouveau cycle de violences armées dans le Bas-Artibonite illustrant l’aggravation continue de l’insécurité en Haïti et ses conséquences humanitaires durables.
Entre le 28 et le 31 mars 2026, des attaques attribuées au groupe armé « Gran Grif » dans la localité de Jean Denis ont fait entre 19 et 70 morts et plusieurs centaines de blessés, selon des sources humanitaires.
Ces violences ont provoqué un déplacement massif des membres de la population. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapporte que 5 291 personnes, réparties en 1 359 ménages, ont fui la zone. La majorité (81 %) a trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que d’autres se sont installées dans des sites déjà saturés. La commune de Dessalines accueille à elle seule plus de la moitié des déplacés.
Sur le terrain, la situation reste extrêmement volatile. Des habitations ont été incendiées et l’accès aux zones touchées demeure limité pour les acteurs humanitaires, compliquant l’évaluation complète des pertes et des besoins, confirme l’organisation. Plusieurs blessés, dont un mineur, ont été pris en charge à l’hôpital Claire Heureuse de Dessalines, selon le Comité communal de protection civile.
Au-delà de cet épisode, cette crise s’inscrit dans un contexte national marqué par des menaces persistantes des foyers de gangs. Depuis plusieurs années, les violences des groupes armés ont forcé des centaines de milliers de personnes à abandonner leurs foyers à travers le pays, aggravant une situation humanitaire déjà critique.
Les besoins des populations affectées restent urgents : alimentation, soins médicaux, abris, accès à l’eau potable, ainsi que des services de protection, notamment pour les enfants. Face à cette urgence, plusieurs organisations humanitaires ont engagé des réponses initiales, incluant la distribution de kits d’hygiène et un appui psychosocial pour les enfants.
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), en collaboration avec ses partenaires, poursuit la coordination des interventions. Le Mécanisme de réponse rapide prévoit notamment d’assister jusqu’à 1 500 ménages dans les zones d’accueil.
Alors que les attaques se poursuivent dans certaines localités, cette nouvelle vague de déplacements vient alourdir un bilan déjà préoccupant, révélant l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire qui secoue Haïti depuis plusieurs années.
W.E.





















