Port-au-Prince, le 16 septembre 2025.- Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Nesmy Manigat, a apporté des réponses à quatre questions clés : la déclaration du ministre Augustin affirmant que « l’école est détruite », la suppression des examens de Certificat et de Rhéto, la place du créole, et la réforme prévue par le curriculum 2024-2054.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte où l’éducation reste au cœur des critiques. Pour Nesmy Manigat, il est urgent de tourner la page de l’école du XXe siècle et de construire une école du XXIe siècle, mieux adaptée aux réalités d’Haïti et aux exigences mondiales.
Sur la question « l’école est détruite », il a salué l’introduction de quatre nouvelles disciplines : Éducation à la Citoyenneté, esthétique et arts, technologie et activités productives, éducation physique et sportive, qu’il considère comme le socle d’un modèle éducatif tourné vers l’engagement citoyen et la résolution des problèmes locaux.
À propos des examens de Certificat et de Rhéto, il a rappelé que la Constitution de 1987 fixe la scolarité obligatoire à neuf ans. Selon lui, un seul diplôme doit sanctionner ce cycle, et les évaluations doivent servir à mesurer les acquis, non à bloquer les élèves.
En ce qui a trait à la langue, Manigat a défendu une approche multilingue : faire du créole un outil de réflexion et de solution, tout en maintenant l’ouverture aux autres langues.
Enfin, concernant le curriculum 2024-2054, il s’est dit satisfait des réformes en cours, notamment l’obligation de permis pour les écoles et la mise en place d’un numéro d’identification unique pour chaque élève. Il a cité l’initiative Zile de l’artiste Anie Alerte et le lycée technique de Kans comme exemples concrets de l’école nouvelle, qui doit former à la fois des penseurs et des acteurs.
Pour Nesmy Manigat, Haïti doit « déconstruire » l’ancien modèle et bâtir une école centrée sur la citoyenneté, l’innovation et la production locale. Il appelle à renforcer la formation des enseignants, les matériels pédagogiques et les infrastructures, soulignant que la transformation doit venir d’Haïti elle-même, sans attendre une aide extérieure.
R. J.




























