Accueil Environnement Urgence permanente : Haïti en première ligne des risques climatiques et sismiques

Urgence permanente : Haïti en première ligne des risques climatiques et sismiques

Port-au-Prince, le 7 septembre 2025.- Alors que la région caribéenne entre dans le pic de la saison des ouragans, Haïti demeure l’un des pays les plus exposés au monde aux risques de catastrophes naturelles, en raison de sa position géographique, mais aussi de ses fragilités structurelles et institutionnelles.

Chaque année, entre les mois d’août et d’octobre, le bassin caribéen connaît une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. Pour Haïti, cette période représente un moment de grande vigilance : ouragans, tempêtes, inondations et glissements de terrain menacent directement la population et l’économie nationale. Selon la Banque mondiale, plus de 93 % de la surface du territoire et 96 % de la population haïtienne sont exposés à, au moins, un risque de catastrophe.

Les indicateurs internationaux placent Haïti au cinquième rang mondial en termes d’exposition aux catastrophes. Depuis 1980, les événements naturels ont fait plus de 230 000 morts et causé des pertes économiques estimées à peu près de 9 milliards de dollars.
La comparaison avec la République dominicaine, voisine sur l’île d’Hispaniola, met en lumière des écarts significatifs : malgré un nombre similaire de tempêtes, Haïti a enregistré deux fois plus d’inondations et des pertes humaines et matérielles bien plus lourdes.

Cette situation s’explique par plusieurs facteurs internes :
Déboisement massif favorisant l’érosion et les crues rapides ;
Exode rural incontrôlé entraînant une urbanisation précaire ;
Faiblesse des infrastructures et codes de construction souvent non respectés ;
Manque de diversification économique, rendant certaines régions particulièrement vulnérables aux aléas.

À ces causes structurelles s’ajoute la localisation d’Haïti sur des zones sismiques et cycloniques actives. Ainsi, la conjonction de facteurs naturels et institutionnels explique la forte vulnérabilité du pays.

En ce mois de septembre, période où l’Atlantique Nord atteint son pic cyclonique, la menace est particulièrement élevée pour Haïti. Face à cette réalité, la réduction des risques de catastrophes exige non seulement une meilleure préparation communautaire et institutionnelle, mais aussi des politiques publiques fortes en matière de reboisement, d’urbanisme, de construction et de gestion de l’environnement.

La résilience d’Haïti ne dépend pas uniquement des secours après les drames, mais surtout de la capacité du pays à anticiper, prévenir et atténuer l’impact de ces catastrophes récurrentes.

R. J.