Port-au-Prince, le 1er août 2025.– Depuis plusieurs années, “ les brigades de vigilance “ se sont multipliées à travers le pays. Composées majoritairement de jeunes, souvent armés d’armes blanches ou à feu, et parfois appuyées de manière informelle par des policiers, ces brigades assurent la surveillance nocturne de leurs quartiers face à la menace des gangs armés. Leur engagement repose sur une promesse : celle d’un avenir plus sûr, une fois la paix et l’ordre rétablis.
Dans notre rubrique « Micro-Citoyen », plusieurs brigadiers interrogés dans les zones de Delmas 32, Delmas 34, Delmas 48, Christ-Roi et Canapé-Vert, affirment être animés par une promesse dont ils ignorent l’origine exacte, mais à laquelle ils croient fermement.
Une promesse d’intégration dans les institutions de sécurité
Lors de ces entretiens, les brigadiers ont évoqué une promesse d’embauche dans des institutions publiques telles que la Police Nationale d’Haïti (PNH), la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP) ou encore les Forces Armées d’Haïti (FAD’H).
« La plupart d’entre nous travaillent déjà comme agents de sécurité dans différentes institutions. Nous savons manier les armes. Ce serait une excellente initiative que de nous intégrer officiellement après la stabilisation du pays, afin de continuer à protéger non seulement nos quartiers, mais aussi la Nation », confie l’un d’eux.
Bien que cette promesse ne soit portée par aucune source officielle clairement identifiée, elle circule unanimement au sein des brigades. Jean Pierre, l’un de leurs membres, confie : « Je ne sais pas d’où vient exactement cette promesse, mais personnellement, j’aimerais intégrer les FAD’H. C’est une institution respectée, avec des principes et une discipline claire. »
Malgré l’incertitude entourant leur avenir, ces jeunes restent engagés avec détermination, portés par l’espoir que leur contribution citoyenne ne sera pas oubliée lorsque la paix reviendra.
Une promesse motivante, mais non officielle
Un policier, responsable d’une vingtaine de brigadiers dans le quartier de Christ-Roi, confie ne pas pouvoir confirmer l’existence officielle de la promesse d’intégration évoquée par les membres. « Je n’ai reçu aucune confirmation formelle à ce sujet. Toutefois, les autorités devraient sérieusement envisager une telle reconnaissance, si elle n’est pas déjà en cours », déclare-t-il.
Ces hommes sacrifient leur sommeil et mettent leur vie en péril pour défendre leurs quartiers et protéger leurs proches. Sans encadrement formel, ils accomplissent pourtant la mission même de la Police Nationale d’Haïti (PNH) : « protéger et servir ». « Leur intégration dans les forces régulières ne serait pas un privilège, mais bien la juste reconnaissance d’un engagement courageux et d’un service déjà rendu », souligne le policier.
Une promesse soumise à des conditions strictes
Certains brigadiers interrogés admettent que toute éventuelle intégration dans la PNH, la BSAP ou les FAD’H devra passer par une sélection rigoureuse. « Ces institutions, reconnues pour leur prestige, ne nous accueilleraient pas sans vérifier nos antécédents judiciaires, nos aptitudes professionnelles et notre niveau d’instruction », a souligné un brigadier de Delmas 32.
D’autres brigadiers ont insisté sur la nécessité d’une sélection rigoureuse des candidats. « Certains d’entre nous ne sont pas des agents de sécurité de formation. Ils ont tenu une arme pour la première fois en rejoignant la brigade. L’intégration doit donc être filtrée, même si chacun espère en bénéficier », confie l’un d’eux.
Soulignons que cette édition de la rubrique “ Micro-Citoyen “ a été réalisée dans la plus stricte confidentialité, dans le respect des témoignages recueillis. Elle vise à alerter les autorités et à sensibiliser l’opinion publique, avec l’objectif de contribuer à une transformation durable et structurelle du pays.
W. E.




























