Santo Domingo, le 11 janvier 2026.- En dépit d’un durcissement des contrôles migratoires et de nombreuses expulsions, les ressortissants haïtiens restent la principale nationalité à obtenir un statut légal en République dominicaine en 2025. Selon les données officielles de la Direction générale des migrations (DGM), sur plus de 32 000 permis de séjour délivrés à des étrangers entre janvier et novembre, les Haïtiens arrivent en tête avec 9 184 titres, soit 28,5 % du total, bien devant les autres nationalités.
Viennent ensuite les Vénézuéliens (4 679 permis), dont la forte présence s’explique par l’essor du Plan de normalisation migratoire lancé en 2018. Derrière eux figurent les Chinois (2 750 permis), la Colombie (1 948), les États-Unis (1 913), Cuba (1 716) et l’Espagne (1 571).
En 2025, la délivrance moyenne a été d’environ 2 900 permis par mois, dont 80 % pour des résidences temporaires (25 701 titres) et 18 % pour des demandes de résidence permanente (5 745 demandes), bien que seulement 728 personnes aient obtenu ce dernier statut.
La diversité des profils est également notable : 125 nationalités différentes ont sollicité un permis de séjour, y compris des personnes dont la nationalité n’est pas clairement définie dans la base de données de la DGM, telles que des ressortissants désignés de l’« Union européenne » ou des « Nations Unies ». D’autres originaires de pays lointains comme la Sierra Leone, les Îles Salomon, Madagascar, le Myanmar ou le Timor oriental ont aussi fait des demandes.
Cette situation met en lumière un paradoxe important : alors que la République dominicaine a intensifié les expulsions de migrants, notamment d’Haïtiens, ceux-ci demeurent aussi les principaux bénéficiaires de régularisation, reflétant à la fois l’ampleur des flux migratoires et la complexité du système migratoire dominicain.

W. E.























