Le directeur général a.i. de la PNH Rameau Normil
Malgré une enveloppe budgétaire de plus de 177 millions de gourdes débloquée entre juin et août 2025, la Police nationale d’Haïti (PNH), dirigée ad intérim par Rameau Normil, peine à contenir l’emprise grandissante des gangs armés. Ces fonds, alloués par le ministère des Finances pour soutenir des opérations anti-gangs, n’ont pour l’instant donné lieu à aucun résultat tangible sur le terrain.
Dans une correspondance adressée au Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), le ministère des Finances a précisé que ce montant — exactement 177 130 000 gourdes — devait financer des interventions ciblées dans des zones fortement affectées par l’insécurité, dont Mirebalais, Tabarre, Gressier, l’Artibonite, ainsi que des patrouilles maritimes dans la baie de Port-au-Prince.
Il est important de rappeler qu’il s’agit du second mandat de Rameau Normil à la tête de la PNH. Déjà nommé en 2019 sous l’administration Moïse-Jouthe, il avait été limogé en 2020 pour son absence de résultats face à la montée des violences. Il avait alors été remplacé par Léon Charles, puis Frantz Elbé après l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Si certains estiment que Rameau Normil aurait pu contribuer à résoudre le problème de l’insécurité, bien que complexe, en tirant des leçons de ses erreurs passées, d’autres soulignent son incapacité — voire sa complicité — à répondre efficacement à la crise sécuritaire, malgré les coûteuses opérations anti-gangs.
Toutefois, le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), les hauts commandements des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) ainsi que la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS) ont tenu cette semaine une réunion stratégique. L’objectif : mettre en place des mesures budgétaires et logistiques exceptionnelles visant à renforcer immédiatement les capacités de la PNH, afin d’intensifier et d’accélérer ses opérations contre les gangs. Des résultats concrets sont désormais attendus.
W. E.



























