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Haïti relance le débat historique à la Sorbonne sur la dette imposée par la France en 1825

Le professeur Dieuseul Prédélus, Président du CNHRR•©️UEH

Paris, le 17 décembre 2025.- Le professeur Dieuseul Prédélus, président du Comité national haïtien de restitution et de réparation (CNHRR), est intervenu à l’Université Panthéon-Sorbonne, mardi 16 décembre.
La conférence publique portait sur le thème : « Haïti–France, 1825-2025 : indemnités postcoloniales, bilan et perspectives ». Elle était consacrée à la dette imposée à Haïti par la France en 1825. À cette occasion, le professeur Prédélus a plaidé pour la mise en place de mécanismes de restitution et de réparation. Il a insisté sur la nécessité de fonder ces démarches sur la justice historique et le droit international.

Au cours de son intervention, le professeur Dieuseul Prédélus a exposé les origines et les effets durables de la dette imposée à Haïti par la France en 1825. Il a rappelé que, sous la contrainte militaire et diplomatique, le pays a été forcé de verser une indemnité aux anciens colons, financée par des prêts bancaires à taux élevés. Cette charge a entraîné un endettement prolongé, limitant la construction d’infrastructures essentielles et ralentissant le développement économique. « Un peuple qui avait conquis sa liberté au prix de son sang a dû payer pour obtenir la reconnaissance de son indépendance », a-t-il souligné, illustrant l’impact concret de cette injustice sur la société haïtienne.

Ce constat historique a conduit le Recteur Dieuseul Prédélus à insister sur le caractère légitime de la revendication haïtienne et sur la nécessité d’agir aujourd’hui. Selon lui, la restitution et la réparation ne constituent ni une faveur ni un règlement de comptes : « La restitution que nous réclamons n’est pas une faveur, c’est un acte de justice élémentaire ». Il a également mis en avant les avancées récentes en France, comme la création de commissions mixtes d’historiens franco-haïtiens et les résolutions parlementaires qui ouvrent la voie à des mécanismes concrets de restitution, soulignant ainsi le lien entre mémoire historique et action contemporaine.

La conférence a rappelé l’urgence de réparer l’injustice historique subie par Haïti. Pour Dieuseul Prédélus, la restitution et la réparation sont essentielles pour restaurer la dignité du pays et soutenir son développement futur, tout en impliquant la diaspora dans la mobilisation internationale pour cette cause légitime.

R. J.