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Haïti : près de 300 morts en un mois, l’État dépassé par la violence des gangs

 

Un membre de gang se déplaçait près d’un char blindé en feu•©️photo : Reddit

Port-au-Prince, le 12 février 2026.- Au moins 299 personnes ont été tuées en janvier 2026 en Haïti, selon un rapport de l’ONG Ordre des défenseurs des droits de l’homme (Ordedh). Les civils représentent plus de 32 % des victimes, tandis que la coalition armée Viv Ansanm serait responsable de près de 43 % des décès. Concentrée à 85 % dans le département de l’Ouest, la violence illustre l’effondrement sécuritaire d’un pays où les gangs contrôlent environ 90 % de la capitale.

Le rapport publié, mercredi 11 février, par l’Ordedh dresse un tableau alarmant : 299 personnes tuées par balles ou lors d’affrontements armés en l’espace d’un mois. L’organisation évoque « une gravité insoutenable » et une société plongée dans un traumatisme permanent.

Les civils paient un lourd tribut, représentant 32,11 % des victimes, ce qui, selon l’ONG, démontre l’impact disproportionné de l’insécurité sur la population.

La coalition Viv Ansanm serait responsable de 42,81 % des décès enregistrés en janvier. L’essentiel des violences est concentré dans le département de l’Ouest, notamment à Port-au-Prince, qui totalise 85,28 % des cas à l’échelle nationale.

Les départements du Centre et de l’Artibonite suivent, avec chacun 4,35 % des décès, confirmant que l’insécurité dépasse désormais les limites de la capitale.

Parallèlement aux homicides, l’ONG dénonce une « explosion » des enlèvements, qui paralyse la population. Malgré les annonces officielles et les opérations de la Police nationale d’Haïti (PNH), les résultats sont jugés « vagues et insuffisants ».

L’organisation décrit un État perçu comme spectateur, incapable d’enrayer la spirale de violence. Les citoyens, selon le rapport, vivent « dans un état de siège permanent ».

Face à cette situation, l’Ordedh appelle à une « prise de conscience immédiate » des acteurs nationaux et internationaux. L’ONG exige une intervention diplomatique et stratégique dépassant les simples promesses de soutien.

Selon les Nations unies, près de 6 000 personnes ont été tuées en 2025 en Haïti en raison de la violence des gangs et des opérations sécuritaires. Pour l’organisation, chaque jour de retard dans l’assistance aggrave le bilan humain.

« La survie de la nation dépend du rétablissement urgent de l’État de droit », conclut l’ONG.

W. A.