Accueil Technologie Haïti à l’ère numérique : entre espoir et obstacles, selon Kesner Phare

Haïti à l’ère numérique : entre espoir et obstacles, selon Kesner Phare

L’économiste Kesner Pharel/©️D.R

Port-au-prince, le 30 juin 2025.- Alors que l’intelligence artificielle bouleverse l’économie mondiale, Haïti semble rester à quai, freiné par des défis structurels persistants. L’économiste Kesner Pharel, intervenant ce lundi 30 juin sur les ondes de la radio Magik 9, a alerté sur la fracture numérique grandissante, appelant à la création d’un véritable écosystème technologique. Ces réflexions ont été partagées dans le cadre du tout premier Sommet national sur l’intelligence artificielle, Ayiti IA 2025, qui s’est tenu à l’Hôtel Karibe, à Pétion-Ville.

«La révolution numérique mondiale s’accélère, portée par les avancées spectaculaires de l’intelligence artificielle (IA). Pendant ce temps, Haïti peine encore à poser les bases nécessaires pour intégrer cette transformation globale», c’est ce qu’a rappelé l’économiste Kesner Pharel.

« Pendant que le monde est en aval, propulsé par l’intelligence artificielle, nous, en Haïti, devons encore résoudre des problèmes fondamentaux en amont », a-t-il déploré, évoquant notamment le déficit énergétique, la faible connectivité internet et l’absence d’un environnement propice à l’innovation technologique.

Pour Kesner Pharel, il est urgent de « créer un écosystème, toute une chaîne de valeur », afin que le pays puisse prétendre à une place dans le train de la technologie. Cela suppose une volonté politique affirmée, des investissements ciblés, mais aussi une coordination entre les secteurs public, privé et académique.

Organisé par la Banque de la République d’Haïti (BRH), le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de Kenari et du Group Croissance, le sommet Ayiti IA 2025 s’est tenu le vendredi 27 juin à l’hôtel Karibe, autour du thème : « L’intelligence artificielle : catalyseur de la métamorphose haïtienne par sa jeunesse ».

L’événement a rassemblé plus de 500 participants issus de l’université, des institutions publiques, d’entreprises privées et d’organisations de la société civile. Deux grandes tables rondes ont permis d’explorer les opportunités et les défis liés à l’IA, tout en insistant sur la nécessité d’une inclusion numérique fondée sur l’éthique et la jeunesse haïtienne.

Entre potentiel et retard

Si les ambitions affichées sont prometteuses, Kesner Pharel rappelle que l’intégration de l’IA ne peut se faire sans des infrastructures solides : « Il ne suffit pas d’importer des concepts. Il faut construire, adapter, et surtout créer localement une dynamique durable. »

L’économiste n’est pas sans espoir, mais son message reste clair : sans un rattrapage stratégique et urgent des retards accumulés, Haïti risque d’être spectatrice de la quatrième révolution industrielle, au lieu d’en être actrice.

La tenue du Sommet Ayiti IA 2025 marque un pas symbolique vers une ambition numérique nationale. Toutefois, comme l’indique Kesner Pharel, c’est dans la capacité d’Haïti à résoudre ses défis structurels que réside la véritable réponse à la question : « Parviendrons-nous à rejoindre le train de la technologie ? »

W.A.