©️photo : ULCC
Port-au-Prince, le 1er avril 2026.- Haïti, classée parmi les pays les plus touchés par la corruption, renforce ses formations pour les acteurs clés de la chaîne pénale avec l’appui de UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime). L’objectif est d’améliorer la qualité des enquêtes et de renforcer la crédibilité des poursuites dans un système encore largement marqué par l’impunité. Ce mercredi 1er avril, le Directeur de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), Me Hans Jacques Ludwig Joseph a annoncé le lancement de l’atelier, insistant sur la nécessité de professionnaliser les enquêteurs pour protéger efficacement la probité publique.
Un atelier axé sur les « entretiens efficaces et éthiques » a été organisé pour les agents de la Task Force anti-corruption, les parquetiers et les cadres de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif. Il vise à former les enquêteurs aux techniques modernes de collecte d’informations, conformes aux standards internationaux, afin de produire des dossiers solides et recevables devant la justice. Cette démarche répond aux lacunes structurelles qui freinent l’efficacité des enquêtes.
Portée par l’ULCC, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de professionnalisation de la lutte anti-corruption. L’institution affirme poursuivre ses efforts pour identifier et traduire en justice les auteurs d’actes portant atteinte à la probité publique. Toutefois, malgré la multiplication des enquêtes et la transmission de plusieurs dossiers à la justice, les résultats en termes de condamnations restent limités, soulevant des interrogations sur l’efficacité réelle du système.
Par ailleurs, les indicateurs internationaux dressent un constat préoccupant. Selon les données publiées en 2025 par Transparency International, Haïti est classé parmi les pays les plus corrompus au monde, avec un score de 16 sur 100 à l’indice de perception de la corruption. Cette position traduit non seulement l’ampleur du phénomène, mais également l’incapacité persistante des institutions à sanctionner les pratiques illicites. L’impunité, alimentée par la faiblesse du système judiciaire, l’instabilité politique et l’influence des réseaux criminels, demeure l’un des principaux obstacles à toute réforme durable.
Les efforts de formation engagés représentent une avancée notable dans la professionnalisation des acteurs judiciaires. Néanmoins, ils ne suffisent pas à eux seuls à inverser la tendance actuelle. Une volonté politique affirmée, un renforcement réel de l’indépendance judiciaire ainsi qu’une application effective des sanctions apparaissent indispensables pour faire évoluer la lutte contre la corruption en Haïti. Dans cette perspective, la consolidation de l’ensemble de la chaîne pénale s’impose comme une condition essentielle pour rompre avec le cycle de l’impunité.



R.J.

























