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Élections 2026 en suspens : l’Exécutif rebat les cartes et impose une révision du calendrier

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé (à gauche) et le Président du CEP, Jacques Desrosiers•©️photo : Primature

Port-au-Prince, le 24 mars 2026.- Un arrêté pris en Conseil des ministres modifie le mandat du Conseil électoral provisoire (CEP), entraînant une révision du calendrier électoral, du cadre légal et du budget des élections. Cette décision introduit de nouvelles exigences liées au Pacte national et jette une incertitude sur la tenue du scrutin dans les délais initialement prévus.

Le pouvoir exécutif haïtien a adopté, le 20 mars 2026, un arrêté redéfinissant les attributions du Conseil électoral provisoire (CEP). Ce texte enjoint l’institution électorale à appliquer les articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, prévoyant notamment des modifications limitées de la Constitution ainsi que leur ratification populaire lors du premier tour.

Cette nouvelle orientation oblige le CEP à revoir plusieurs paramètres clés du processus électoral. Selon une source interne, un nouveau décret électoral devra être élaboré, tandis que le calendrier initial sera ajusté. L’incertitude plane notamment sur le démarrage du processus d’inscription des électeurs, initialement fixé au 1er avril 2026.

Ces changements pourraient retarder l’organisation des élections générales, dans un contexte où la pression nationale et internationale reste forte pour un retour à l’ordre constitutionnel. Les États-Unis avaient récemment exprimé leur volonté d’accompagner les autorités haïtiennes dans la stabilisation du pays et la tenue du scrutin, sans toutefois évoquer de réforme constitutionnelle.

Concernant ce point, le CEP précise qu’il ne sera pas impliqué dans l’élaboration des éventuelles modifications constitutionnelles. Son rôle se limitera à organiser la consultation populaire permettant aux citoyens de se prononcer sur les changements proposés.

Parallèlement, le processus électoral suit son cours sur certains aspects. La liste définitive des partis politiques habilités à participer aux prochaines élections doit être publiée le 26 mars. Sur les 320 partis inscrits, des vérifications sont en cours en collaboration avec le ministère de la Justice.

Dans cette dynamique, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, le 23 mars, une réunion stratégique consacrée au budget des élections. Cette rencontre a réuni des membres du gouvernement, le CEP ainsi que plusieurs partenaires internationaux, dont des représentants des Nations unies, du PNUD, de l’UNOPS et de l’OEA.

Les autorités affirment maintenir leur engagement en faveur d’élections libres, inclusives et transparentes. Toutefois, les récents ajustements institutionnels soulignent la complexité du processus et les défis persistants liés à son organisation dans les délais annoncés.

W. A.