Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé•©️photo : Primature
Pétion-Ville, le 24 mars 2026.- Le gouvernement relance le programme d’identification nationale, mais sur le terrain, les difficultés persistent. En visite à l’Office national d’identification, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé le redémarrage du projet « Kat ou la », avec la mise à disposition de 500 000 cartes d’identification et l’impression de 250 000 nouvelles unités. Une annonce présentée comme une avancée vers la modernisation du système, dans un contexte où de nombreux citoyens peinent encore à obtenir ce document essentiel.
Malgré la relance officielle, l’accès à la carte d’identification reste compliqué dans plusieurs zones du pays. L’insécurité, les déplacements limités et le fonctionnement irrégulier de certains centres d’enregistrement continuent de ralentir le processus, notamment dans des quartiers de la région métropolitaine et dans certaines villes de province. Pour une partie de la population, les démarches administratives restent difficiles à compléter, même lorsque les opérations sont officiellement en cours.
La carte d’identification nationale demeure pourtant indispensable dans la vie quotidienne. Elle conditionne l’accès à de nombreux services publics et constitue un document incontournable pour l’exercice des droits civiques. Dans la perspective de prochaines élections, la question de l’enregistrement de la population devient particulièrement sensible.
Les autorités mettent en avant les chiffres annoncés lors de la relance du programme, mais la question de la distribution effective reste posée. Produire des cartes ne garantit pas leur remise aux citoyens, surtout dans un contexte où les contraintes sécuritaires et logistiques continuent de freiner le déploiement des services publics.
Autre problème régulièrement soulevé par les usagers : la qualité matérielle des cartes. Plusieurs citoyens dénoncent leur fragilité, certaines étant rapidement endommagées après leur délivrance. Le gouvernement affirme que les nouvelles cartes seront conçues avec des technologies plus avancées, afin d’assurer une meilleure résistance et une durée de vie plus longue, sans préciser pour l’instant le calendrier de généralisation de ces nouveaux supports.
Les autorités évoquent également une amélioration relative de la situation sécuritaire dans certains secteurs, attribuée aux interventions de la Police nationale d’Haïti, des Forces Armées d’Haïti et des unités engagées dans la lutte contre les groupes armés. Une évolution jugée nécessaire pour permettre la reprise normale des services publics, dont l’identification nationale.
La relance de « Kat ou la » intervient par ailleurs alors que le gouvernement avait récemment annoncé un projet de carte d’identité nationale unique, basé sur un numéro d’identification individuel et sur des cartes plus sécurisées. Présentée comme une réforme majeure du système d’identification, cette initiative reste pour l’instant peu visible, et aucune précision n’a été donnée sur son articulation avec le programme actuellement relancé.
Entre annonces de modernisation et contraintes persistantes, le chantier de l’identification nationale reste l’un des dossiers les plus sensibles pour l’administration. La réussite du programme dépendra moins du nombre de cartes annoncées que de la capacité de l’État à atteindre l’ensemble de la population, dans un pays où l’accès aux documents officiels demeure encore inégal.


W. E.























