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Drame à Punta Cana : une migrante haïtienne et son bébé meurent en couche, le GARR dénonce et exige des comptes

 

Punta Cana, le 5 août 2025.- Le décès tragique de Natacha Désir, une migrante haïtienne de 35 ans, et de son bébé, survenu lors de son accouchement à l’hôpital municipal de Verón, à Punta Cana, a suscité l’indignation du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR).

Dans un communiqué publié le 4 août, l’organisation déplore une négligence médicale grave ayant conduit à ce drame, qu’elle inscrit dans un contexte plus large de discrimination systémique envers les femmes enceintes haïtiennes en République dominicaine.

Selon les informations recueillies par le GARR, Natacha Désir a été admise à l’hôpital le 29 juillet. Malgré des complications évidentes, elle n’aurait reçu aucune assistance médicale immédiate. Ce n’est que plusieurs heures plus tard qu’une césarienne a été pratiquée, alors que son état s’était déjà aggravé. L’enfant n’a pas survécu, et la mère est décédée peu après. Le mari de la défunte, Yonel Verre, affirme avoir alerté à plusieurs reprises le personnel hospitalier, en vain.

Le GARR dénonce une politique de rejet des migrantes haïtiennes enceintes, alimentée par des mesures migratoires dominicaines restrictives, en vigueur depuis avril 2025, qui limitent leur accès aux soins dans les hôpitaux publics. Il cite également le cas de Lourdia Joseph, décédée en mai dans des circonstances similaires, faute d’avoir osé se rendre à l’hôpital.

Face à ce double décès, l’organisation parle d’un échec flagrant du système de santé dominicain et d’un traitement différencié basé sur l’origine. Elle exige l’ouverture d’une enquête impartiale pour établir les responsabilités et appelle le ministère haïtien des Affaires étrangères à soutenir la famille dans ses démarches judiciaires.

Enfin, le GARR exhorte les autorités haïtiennes à prendre leurs responsabilités pour offrir aux citoyens des conditions de vie décentes dans leur propre pays, afin de mettre fin à l’exil contraint de milliers de compatriotes.

W. E.