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Donald Trump rompt avec le multilatéralisme : les États-Unis quittent 66 organisations internationales

Le Président américain Donald Trump•©️AFP

Washington, le 8 janvier 2026.- Par un décret signé mercredi 7 janvier 2026, le président américain Donald Trump a ordonné le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont près de la moitié liées au système des Nations unies. Parmi les institutions visées figurent des piliers de la coopération climatique et scientifique mondiale, confirmant un virage radical de Washington contre le multilatéralisme et la diplomatie environnementale.

Au cœur de ce vaste désengagement figure la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), traité fondateur adopté en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio. Cette convention constitue l’architecture juridique de l’ensemble des accords climatiques internationaux, y compris l’Accord de Paris de 2015, que Donald Trump avait déjà quitté pour la deuxième fois dès son retour à la Maison Blanche.

Contrairement à son premier mandat, où les États-Unis étaient restés membres de la CNUCC malgré leur retrait de l’Accord de Paris, Washington se retire désormais totalement du cadre multilatéral des négociations climatiques.

Le décret présidentiel prévoit également la sortie des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), référence mondiale en matière de science climatique. D’autres organismes dédiés à la protection de l’environnement sont également concernés, notamment l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature et ONU-Eau.

Cette décision s’inscrit dans une ligne idéologique assumée par Donald Trump, qui a récemment qualifié le réchauffement climatique de « plus grande arnaque de notre histoire », tout en vantant les mérites du charbon lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU.

Au-delà du climat, le décret ordonne aussi le retrait des États-Unis du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), spécialisé dans la santé maternelle et infantile, après l’arrêt préalable de ses financements. L’Agence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) figure également parmi les institutions visées.

Ces annonces s’ajoutent à des retraits déjà actés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unesco, organisations que les États-Unis avaient pourtant réintégrées sous la présidence de Joe Biden.

La décision suscite de fortes réactions dans les milieux scientifiques et diplomatiques. Pour plusieurs observateurs, ces retraits traduisent une volonté de désengagement durable des États-Unis des mécanismes de coopération internationale, au risque d’affaiblir les réponses globales aux crises climatiques, sanitaires et sociales.

W. A. avec AFP