Port-au-Prince, le 16 janvier 2026.- À moins d’un mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), la Conférence Nationale des Associations et Organisations de Jeunesse d’Haïti appelle à la mise en place urgente d’une médiation nationale inclusive. Dans une note de plaidoyer publiée le 12 janvier 2026, la jeunesse réclame un accord politique consensuel avant le 7 février afin d’éviter une rupture institutionnelle et de jeter les bases d’une transition apaisée et crédible.
La jeunesse haïtienne sort de sa réserve et interpelle la classe politique. Dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, l’aggravation de la crise humanitaire, l’affaiblissement des institutions publiques et une défiance profonde entre les acteurs nationaux, la Conférence Nationale des Associations et Organisations de Jeunesse d’Haïti tire la sonnette d’alarme.
Selon la note de plaidoyer rendue publique le 12 janvier 2026, l’absence d’un accord politique clair et inclusif à l’approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), expose le pays à un risque élevé de chaos institutionnel et d’instabilité accrue.
Représentant plus de 60 % de la population, la jeunesse se dit à la fois la plus touchée par la crise et la plus marginalisée des processus décisionnels. Elle revendique une reconnaissance formelle comme acteur politique à part entière et estime qu’aucune solution durable ne peut être envisagée sans sa participation effective.
Face à l’échec répété des dialogues non structurés, la Conférence plaide pour l’instauration d’un processus de médiation nationale crédible, impartial et inclusif, capable de réunir acteurs politiques, société civile, organisations de jeunesse et secteurs clés de la vie nationale. L’objectif : dégager des compromis réalistes et applicables pour une transition apaisée.
Sans imposer de modèle unique, la jeunesse propose que le dialogue national examine plusieurs options de gouvernance transitoire, dont la désignation d’un président de transition à mandat limité et non renouvelable, la mise en place d’un organe exécutif collégial de type triumvirat, ou toute autre formule consensuelle respectant les principes de légitimité, de transparence et de redevabilité.
La note insiste également sur des principes jugés non négociables : une durée strictement limitée de la transition, l’adoption d’une feuille de route claire, la priorité à la sécurité, une réforme institutionnelle minimale et l’organisation d’élections crédibles.
Concernant la formation du gouvernement de transition, la jeunesse recommande des critères stricts pour le choix du Premier ministre et des ministres, notamment l’absence de liens avec la corruption, les violations graves des droits humains ou les groupes armés, ainsi que la compétence, l’intégrité morale et la neutralité politique. Les futurs responsables devraient renoncer à toute ambition électorale immédiate et accepter des mécanismes de redevabilité citoyenne.
Refusant « le chaos, l’exclusion et l’improvisation », la jeunesse affirme faire le choix du dialogue et de la responsabilité collective. Elle appelle à l’ouverture rapide d’un dialogue national avant le 7 février 2026 et désigne Mme Wendie Tracy Edmond comme représentante officielle pour toutes les démarches liées à l’avenir politique du pays et à la participation des jeunes.


W. A.



























