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TPS : entre échéance 2026, ajustement de statut et risques de déportation, Me Patricia Elizée appelle à la vigilance

Me Patricia Elizée, avocate en immigration

Invitée de Radio Magik 9 ce mercredi 17 décembre, l’avocate en immigration Me Patricia Elizée a fait le point sur la situation des bénéficiaires du Temporary Protected Status (TPS) aux États-Unis. Entre décisions judiciaires, fin de programme annoncée pour février 2026, possibilités limitées d’ajustement de statut et risques de déportation, elle appelle les immigrants haïtiens à une vigilance accrue et à la consultation systématique d’un avocat, chaque dossier étant unique et évolutif.

Un programme TPS toujours valide, malgré les rumeurs

Me Patricia Elizée a tenu à dissiper une confusion largement répandue : le programme TPS n’a pas officiellement pris fin, contrairement à certaines rumeurs. Une décision récente d’un tribunal américain a rappelé à l’administration fédérale l’obligation de respecter les délais et procédures légales fixés. Officiellement, l’échéance actuelle du TPS pour Haïti demeure février 2026.

Ajustement de statut : une possibilité limitée

Selon l’avocate, le TPS ne mène pas automatiquement à la résidence permanente. Toutefois, certaines personnes peuvent prétendre à un ajustement de statut, notamment celles qui vivent aux États-Unis depuis plus de dix ans et qui peuvent démontrer que leur déportation causerait un préjudice grave à un parent proche citoyen ou résident légal (parents, enfants ou petits-enfants).

Cette procédure passe généralement par un tribunal d’immigration, où le juge évalue les circonstances humaines, familiales et sociales du dossier.

Deux catégories de bénéficiaires du TPS

Me Elizée distingue deux grandes catégories :
-Les bénéficiaires du TPS depuis 2010, dont la situation est différente et parfois plus favorable ;

-Ceux arrivés entre 2020 et 2023, notamment sous l’administration Biden, qui ne remplissent pas encore la condition des dix ans de présence et sont donc moins éligibles à une résidence.

Autres voies possibles… mais rares

L’avocate évoque également d’autres options juridiques, notamment pour :

Les victimes de violence domestique,

Les victimes de crimes,

Certains cas nécessitant un waiver (dérogation).

Cependant, elle reconnaît que beaucoup de bénéficiaires du TPS ne remplissent actuellement aucun critère permettant un ajustement de statut.

Départ volontaire : une option stratégique

Face au risque d’une ordonnance de déportation, Me Elizée souligne l’importance du départ volontaire. Cette option permet de quitter le territoire américain sans inscription de déportation au dossier, facilitant ainsi un éventuel retour légal ultérieur.

Un droit de l’immigration en perpétuelle mutation

L’avocate insiste enfin sur un point crucial : le droit de l’immigration change constamment. Des décisions administratives récentes, notamment sous l’administration Trump, ont déjà affecté des programmes comme le parole familial. Ce contexte rend indispensable un suivi juridique régulier.

« Chaque dossier est différent. Ce qui était vrai il y a deux mois peut ne plus l’être aujourd’hui », a-t-elle rappelé.

Un appel à la prudence

Me Patricia Elizée exhorte les immigrants haïtiens à ne pas se fier aux rumeurs, à éviter les démarches improvisées et à consulter un avocat qualifié afin d’évaluer leur situation réelle face aux changements fréquents des politiques migratoires américaines.

W. A.