Le Directeur exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius
Port-au-Prince, le 12 décembre 2025.- L’Organisation des citoyens pour une nouvelle Haïti (OCNH) appelle à une réforme urgente du système d’état civil, jugeant que le cadre légal actuel, datant de 1825, est incapable de répondre aux réalités contemporaines. Face aux pertes massives de documents lors de catastrophes naturelles comme l’ouragan Matthew, l’OCNH souligne que des milliers de personnes vivent aujourd’hui sans papiers, exposées au risque d’apatridie.
Lors d’un entretien accordé à la radio Magik 9 ce vendredi 12 décembre, le Directeur exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius, a plaidé pour une modernisation en profondeur du système d’état civil haïtien. Il rappelle que le Code civil, qui encadre la production des actes de naissance, remonte à 1825, rendant le dispositif administratif totalement inadapté aux besoins actuels. Pour lui, la numérisation et l’informatisation représentent désormais un passage obligé.
La problématique des actes de naissance demeure particulièrement sensible en Haïti, où des milliers de citoyens peinent encore à prouver leur existence légale. Selon Me Occius, des habitants du département de la Grand’Anse ont perdu tous leurs documents après le passage de l’ouragan Matthew, les registres ayant été emportés par les eaux avant d’avoir pu être transférés en lieu sûr. Cette situation, souligne-t-il, illustre la fragilité structurelle du système.
Dans le Grand Sud également, les destructions causées par Matthew ont laissé de nombreuses familles totalement dépourvues de documents officiels, sans aucune possibilité de reconstitution. L’OCNH estime que ces citoyens se retrouvent ainsi en situation de vulnérabilité extrême, exposés au risque d’apatridie, faute de mécanismes efficaces permettant de refaire leurs papiers.
Me Camille Occius rappelle enfin que cette année a été particulièrement difficile pour les organisations de défense des droits humains. Entre crise politique persistante et montée de l’insécurité, leur capacité d’intervention s’est considérablement réduite. D’où, selon lui, l’urgence d’engager une réforme permettant de sécuriser l’état civil et de protéger les droits fondamentaux des Haïtiens.
W. A.

























