Accueil Éducation Nesmy Manigat : « L’école est la seule réponse durable à la...

Nesmy Manigat : « L’école est la seule réponse durable à la crise haïtienne »

 

Port-au-Prince, le 16 février 2026.- Intervenant ce lundi 16 février sur Magik 9, l’ancien ministre de l’Éducation nationale Nesmy Manigat a plaidé pour une refondation profonde du système éducatif haïtien. Il estime que l’éducation doit devenir une priorité budgétaire et politique nationale, condition essentielle pour réduire la violence, relancer la production nationale et reconstruire durablement le pays. Selon lui, sans investissement massif et réforme structurelle, aucune solution sécuritaire ne pourra résoudre la crise actuelle.

Pour l’ancien titulaire du MENFP, la lutte contre l’insécurité et les gangs ne peut se limiter aux opérations policières. « L’école est la solution fondamentale », a-t-il affirmé, soulignant que le pays n’a jamais investi à la hauteur des enjeux, avec moins de 2 % du PIB consacré à l’éducation pendant plusieurs années. Il appelle à porter l’éducation au rang de priorité nationale, à l’image de pays comme Cuba, la République dominicaine ou la Corée du Sud.

Nesmy Manigat a également insisté sur la nécessité de moderniser la gouvernance du système éducatif : mise en place d’un système numérique d’identification scolaire unique, enregistrement en ligne des établissements publics et privés, continuité administrative indépendante des crises politiques et instauration d’un véritable permis d’enseigner pour mettre fin aux nominations partisanes. Il dénonce les interférences politiques dans les affectations d’enseignants et plaide pour une professionnalisation fondée sur la compétence.

L’ancien ministre a enfin défendu une vision élargie de l’école comme « espace de guérison » dans une société traumatisée. Il met en avant le rôle de la nutrition scolaire, du sport, des arts et du soutien psychologique dans le développement cognitif et émotionnel des élèves, notamment dans les zones touchées par la violence et les déplacements forcés. « L’éducation n’est pas un projet de gouvernement, mais un projet de République », a-t-il martelé.

W. A.