Washington, le 12 août 2025.- Dix ans après la légalisation fédérale du mariage homosexuel, la Cour suprême des États-Unis pourrait examiner l’affaire Kim Davis, ex-greffière du Kentucky emprisonnée en 2015 pour avoir refusé, pour motifs religieux, de délivrer des licences à un couple homosexuel. Une décision qui pourrait remettre en cause un acquis juridique majeur.
La plus haute juridiction américaine doit décider, à l’automne, si elle se saisira de l’affaire Kim Davis, devenue symbole de l’opposition religieuse au mariage homosexuel. En 2015, cette ancienne greffière du comté de Rowan (Kentucky) avait refusé de délivrer une licence de mariage à David Ermold et David Moore, invoquant ses convictions chrétiennes, malgré la décision historique de la Cour suprême légalisant ces unions au niveau fédéral.
Condamnée à six jours de prison, Davis avait également été sommée de verser 100 000 $ de dommages moraux et 260 000 $ de frais d’avocat au couple. Elle estime avoir agi dans le cadre du premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté religieuse. Ses avocats dénoncent « une erreur historique » et réclament son annulation.
Les tribunaux inférieurs ont rejeté ses arguments, jugeant qu’en tant qu’officier public agissant au nom de l’État, elle ne pouvait se prévaloir de cette protection constitutionnelle. L’avocat du couple, William Powell, se dit confiant : « Aucun juge fédéral n’a trouvé ses arguments recevables, et la Cour suprême ne devrait pas davantage s’y attarder. »
L’issue de cette affaire pourrait, pour la première fois depuis 2015, rouvrir le débat sur la reconnaissance du mariage homosexuel aux États-Unis, dans un contexte où la Cour suprême, dominée par une majorité conservatrice, a déjà ravivé les tensions sur les droits civiques.
W. A.
























