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Le Rôle central de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dans le Développement d’Haïti

Vers une Modernisation pour un Passage de Pays Moins Avancé à un État Moderne

Quetya Aubin et Jacques Wheps Castil

Université Quisqueya, Equipe de Recherche sur les Changements Climatiques (ERC2), Port-au-Prince Haïti

Pôle Haïti-Antilles, Haïti Sciences et Société (HaSci-So)

Equipe des Partenaires Scientifiques pour la Communication de la Recherche (E-PSci-CoRe)

 

Résumé

Le 18 décembre 2025, les autorités haïtiennes ont promulgué un arrêté nommant les membres du Conseil de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (CESRS), marquant un tournant décisif pour la régulation et la modernisation du système universitaire haïtien. Cet article explore le rôle essentiel de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dans le développement socio-politico-économique d’Haïti, en s’appuyant sur des analyses locales et internationales. Il met en lumière comment une réforme structurée peut renforcer la visibilité scientifique du pays, favoriser son passage de Pays Moins Avancé (PMA) à un état moderne, et inscrire ces domaines dans les axes de la coopération internationale. En saluant cette décision étatique et en félicitant les sept membres nommés, ce travail souligne la nécessité des interfaces science-société et science-politique pour des partenariats équitables, inspirés des recommandations de l’UNESCO, de l’OCDE et de l’AUF. L’analyse révèle que Haïti investit seulement 0,08% du PIB en R&D, avec 24 laboratoires actifs et 883 publications scientifiques (1900-2017), nécessitant une augmentation à 1% du PIB et des réformes institutionnelles pour aligner le pays sur les ODD 4 et 9.

Mots clés : Enseignement supérieur, Recherche scientifique, Développement durable, Diplomatie scientifique, Interface science-politique, Régulation académique

 

Abstract

On December 18, 2025, Haitian authorities issued a decree appointing the members of the Council for Higher Education and Scientific Research (CESRS), marking a decisive turning point for the regulation and modernization of the Haitian university system. This article explores the essential role of higher education and scientific research in Haiti’s socio-political and economic development, drawing on local and international analyses. It highlights how structured reform can strengthen the country’s scientific visibility, facilitate its transition from Least Developed Country (LDC) to a modern state, and integrate these fields into the framework of international cooperation. By welcoming this government decision and congratulating the seven appointed members, this work underscores the need for science-society and science-policy interfaces for equitable partnerships, inspired by the recommendations of UNESCO, the OECD, and the AUF (Agence Universitaire de la Francophonie). The analysis reveals that Haiti invests only 0.08% of its GDP in R&D, with 24 active laboratories and 883 scientific publications (1900-2017), necessitating an increase to 1% of GDP and institutional reforms to align the country with SDGs 4 and 9.

Keywords: Higher education, Scientific research, Sustainable development, Science diplomacy, Science-policy interface, Academic regulation

1. Introduction

1.1. Contexte général : L’enseignement supérieur et la recherche comme leviers de développement

L’enseignement supérieur et la recherche scientifique constituent des piliers fondamentaux du développement durable, particulièrement dans les pays en développement. Comme l’affirme l’UNESCO (2021, p. 15) : « Les pays qui investissent dans la science et la technologie voient une croissance économique accélérée et une réduction des inégalités. » Dans les Pays Moins Avancés (PMA), ces secteurs sont cruciaux pour générer des innovations adaptées aux défis locaux, tels que la résilience climatique, la sécurité alimentaire et l’accès aux soins de santé. L’OCDE (2021, p. 42) souligne que « l’expansion de l’enseignement supérieur dans les pays en développement réduit les inégalités en formant des spécialistes locaux capables de concevoir des solutions contextualisées. »

Au niveau mondial, les investissements en recherche et développement (R&D) sont corrélés avec la prospérité économique. Les pays de l’OCDE consacrent en moyenne 2,47% de leur PIB à la R&D, favorisant l’innovation et la compétitivité (OCDE, 2021). En revanche, les PMA investissent moins de 0,5%, limitant leur capacité à participer à l’économie du savoir. L’Agenda 2030 des Nations Unies, via l’Objectif de Développement Durable 9.5, appelle à « renforcer la recherche scientifique, améliorer les capacités technologiques des secteurs industriels dans tous les pays, en particulier dans les pays en développement » (UNESCO, 2021, p. 25).

1.2. Le cas particulier d’Haïti : Un système en quête de transformation

Haïti, classée parmi les PMA avec un PIB par habitant inférieur à 1 500 USD et un taux de chômage des jeunes dépassant 50%, fait face à des défis structurels exacerbés par des crises politiques et environnementales (Banque Mondiale, 2023). Le système universitaire haïtien, bien que dynamique avec plus de 200 institutions d’enseignement supérieur (IES), souffre d’une absence d’un bon cadre de référence, d’un manque de régulation, de sous-financement chronique et d’une faible intégration dans les politiques publiques. Selon Emmanuel et al. (2020, p. 12), l’état des lieux de la recherche révèle « un sous-financement chronique, avec moins de 0,1% du PIB alloué à la R&D, et une faible organisation des unités de recherche, avec seulement 24 laboratoires actifs dans les principales universités (UEH, UniQ, INUKA), couvrant des thématiques essentielles comme l’eau, l’environnement et la santé. »

De plus, la production scientifique haïtienne reste limitée : entre 1900 et 2017, seulement 883 articles ont été publiés, majoritairement en co-publication internationale, reflétant une dépendance aux collaborations externes (Emmanuel et al., 2020). Aubin (2025, p. 1) qualifie cette situation de « science coloniale persistante », où « le champ scientifique haïtien reste embryonnaire et largement dépendant des dynamiques externes. » Cette marginalisation scientifique entrave la visibilité internationale du pays et limite son accès aux réseaux de coopération.

Le 18 décembre 2025, dans un acte historique publié au Moniteur spécial n°72 du 30 décembre 2025, le Conseil Présidentiel de Transition d’Haïti a nommé les membres du Conseil de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (CESRS). Cette décision, prise sur rapport du Ministre de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, Augustin Antoine, et signée par le Conseiller-Président Laurent Saint-Cyr et le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé, répond aux dispositions des Décrets du 11 mars 2020 portant organisation de l’enseignement supérieur et de l’Agence Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (ANESRS) (République d’Haïti, 2020, p. 2). Les membres nommés : Docteur Emmanuel dit Hérold Toussaint (Président, choisi par le pouvoir exécutif), Docteur Jean Fenol Metellus (Vice-Président, désigné par la CORPUHA), Docteur Jacques Abraham (Haut-Commissaire), Docteur Jean Judson Joseph (Secrétaire Général, choisi par le pouvoir exécutif), Docteur Evens Emmanuel (désigné par les associations scientifiques), Docteure Ketty Balthazard-Accou (désignée par les associations patronales) et Docteur Serge Philippe Pierre (choisi par le pouvoir exécutif), incarnent une diversité d’expertises visant à réguler et moderniser le secteur.

Cet article examine les questions suivantes : 1. Comment la régulation et la modernisation du système universitaire haïtien peuvent-elles impacter le système socio-politico-économique et renforcer la visibilité scientifique du pays ?
2. Quels mécanismes permettront à Haïti de passer de PMA à un état moderne grâce à l’enseignement supérieur et à la recherche ?
3. Comment intégrer ces domaines dans les axes de la coopération internationale, en s’appuyant sur la diplomatie scientifique et les partenariats équitables ? L’objectif est d’analyser le rôle du CESRS dans cette transformation, en s’inspirant des recommandations de l’UNESCO, de l’OCDE et de l’AUF, et de proposer des pistes pour renforcer les interfaces science-société et science-politique.

2. Brève revue de la Littérature

2.1. L’enseignement supérieur et la recherche dans les PMA : Cadre théorique

La littérature internationale insiste sur le rôle transformateur de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les PMA. L’UNESCO, dans un rapport « Science Report 2021 », affirme que « les pays en développement qui investissent dans la science voient une croissance économique accélérée » (UNESCO, 2021, p. 15). L’OCDE (2021, p. 18) prône des « partenariats équitables pour éviter les asymétries et favoriser une collaboration mutuellement bénéfique. » Ces partenariats, ancrés dans la diplomatie scientifique, permettent aux PMA d’accéder aux financements et aux réseaux internationaux.

L’UNESCO (2025a, p. 8) recommande que « les pays en développement renforcent leurs institutions pour une collaboration internationale équitable« , tandis que l’AUF (2023, p. 12) propose que « les universités deviennent des hubs d’innovation pour influencer les décisions publiques » via des interfaces science-politique robustes. Ces interfaces, selon Aubin (2025, p. 2), sont essentielles pour « démocratiser le savoir et ancrer la science dans le débat public. »

2.2. Le contexte haïtien : Un champ scientifique embryonnaire

En Haïti, la recherche sur l’enseignement supérieur révèle des faiblesses structurelles. Emmanuel et al. (2020, p. 12) identifient trois défis majeurs : (1) « un sous-financement chronique, avec moins de 0,1% du PIB alloué à la R&D » ; (2) « une faible organisation des unités de recherche, avec seulement 24 laboratoires actifs » ; (3) « l’absence d’intégration dans les politiques publiques. » Ces laboratoires, répartis dans des domaines clés comme l’eau (7 labs), l’environnement (6), et la santé (5), pourraient pourtant informer des stratégies contre les catastrophes naturelles, qui coûtent annuellement 2% du PIB (Emmanuel et al., 2020, p. 25).

Aubin (2025, p. 1) qualifie la situation de « science coloniale persistante« , citant Gilles (1998) : « L’absence d’un État médiateur efficace perpétue un sous-développement scientifique. » Dubique et al. (2020, p. 12), cités par Aubin, soulignent trois obstacles : (1) « l’absence du cadre légal définissant le fonctionnement du métier d’enseignant-chercheur » ; (2) « le manque de ressources humaines qualifiées » ; (3) « l’inexistence d’une structure dirigeant un mouvement scientifique. » La diaspora scientifique haïtienne, riche en compétences, pourrait combler ces vides, mais son intégration reste marginale (Dubique et al., 2020).    

3. Méthodologie

3.1. Approche méthodologique

Cette étude adopte une approche mixte, combinant l’analyse documentaire et l’analyse comparative, pour examiner le rôle du CESRS dans la modernisation du système universitaire haïtien. L’approche documentaire s’appuie sur une revue systématique des textes législatifs haïtiens (Décrets du 11 mars 2020, Arrêté du 18 décembre 2025), des rapports internationaux (UNESCO Science Report 2021, OCDE 2021) et des études locales (Emmanuel et al., 2020 ; Aubin, 2025). L’analyse comparative évalue les indicateurs haïtiens (investissement en R&D, production scientifique, nombre de laboratoires) par rapport aux moyennes d’Amérique Latine et de l’OCDE, ainsi qu’aux cibles des ODD 4 et 9.

3.2. Matériels et sources de données

Les données primaires proviennent des documents officiels haïtiens (Moniteur spécial n°72, 30 décembre 2025 ; Moniteur spécial n°11, 30 juin 2020) et des rapports d’Emmanuel et al. (2020) sur les IES membres de la CORPUHA. Les données secondaires incluent les bases de données de l’UNESCO (Science Report 2021, 2022), de l’OCDE (2011, 2021) et de l’AUF (2023). Les indicateurs clés analysés sont :

  • Investissement en R&D (% du PIB) : Haïti (0,08%), Amérique Latine (0,65%), OCDE (2,47%), Cible ODD (1,0%) ;
  • Production scientifique (1900-2017) : 883 publications ;
  • Nombre de laboratoires actifs : 24 (répartis par domaine) ;
  • PIB par habitant : < 1 500 USD (Banque Mondiale, 2023) ;
  • Taux de chômage des jeunes : > 50% ;

4. Résultats et Discussions

4.1. État des lieux quantitatif : Un système sous-développé

Le Tableau 1 révèle un écart considérable entre Haïti et les moyennes régionales/internationales. Avec 0,08% du PIB alloué à la R&D, Haïti se situe bien en-deçà de la cible ODD 9.5 (1,0%) et de la moyenne d’Amérique Latine (0,65%). Cette sous-performance budgétaire se traduit par une production scientifique limitée : 883 articles entre 1900 et 2017, soit environ 7,5 articles par an, contre des milliers annuellement dans les pays de l’OCDE. Les 24 laboratoires actifs, bien que couvrant des domaines prioritaires, sont insuffisants pour répondre aux besoins d’un pays de 11 millions d’habitants. Emmanuel et al. (2020, p. 45) recommandent « d’augmenter le financement et les politiques, en allouant un pourcentage du PIB à la recherche et en créant une agence nationale », une préconisation concrétisée par la nomination du CESRS.

Tableau 1 : Comparaison des indicateurs de l’enseignement supérieur et de la recherche

Figure 1 : Évolution de la production scientifique haïtienne (1900-2017)
(Source : Emmanuel et al., 2020)

 La figure 1 fournit l’évolution des publications scientifiques internationales haïtienne répertoriées dans the Web of Science par Emmanuel et al. (2020) pour la période de 1900 à 2017. Il est imporatnt de contaster l’effort deployees par les chercheurs entre 2000 et 2020.

Les thématiques centrales de recherche des 24 laboratoires annoncés dans l’état de la recherche dans les Ies membres de la Corpuha (Emmanuel et al., 2020) sont représentées dans la figure 2.

La figure 3 permet de comparer l’investissement en R&D (% du PIB) entre Haiti et certaines institutions internationales.

Figure 2 : Répartition des 24 laboratoires actifs dans les IES haïtiennes par domaine. (Source : Emmanuel et al., 2020)

Figure 3 : Comparaison internationale de l’investissement en R&D (% du PIB) entre Haiti et certaines institutions internationales
(Sources : Emmanuel et al., 2020 ; UNESCO, 2021 ; OCDE, 2021)
 

4.2. Impact de la régulation : Le rôle du CESRS

La nomination du CESRS le 18 décembre 2025 institue un cadre de gouvernance pour réguler l’enseignement supérieur et la recherche. Selon le Décret du 11 mars 2020 (République d’Haïti, 2020, p. 10), l’ANESRS a pour attributions d' »évaluer, réguler et contrôler » les IES, d' »instaurer la recherche scientifique fondamentale et appliquée », et de « s’assurer de la cohérence des plans de développement. » Le CESRS, composé de sept membres représentant le pouvoir exécutif, les associations scientifiques, patronales et universitaires, supervise ces missions.

Cette régulation peut transformer le système socio-politico-économique en :

  1. Formant une élite critique : Des universités régulées formeront des diplômés capables de challenger la corruption et l’instabilité. Gilles (1998), cité par Aubin (2025), note : « La constitution d’un champ scientifique nécessite un État médiateur », le CESRS incarne cette médiation.
  2. Générant des données pour des politiques « evidence-based » : Les laboratoires sur l’eau et l’environnement peuvent informer des stratégies contre les catastrophes, réduisant les coûts économiques.
  3. Renforçant la visibilité internationale : L’accréditation des IES attirera des partenariats et financements étrangers. L’UNESCO (2021, p. 25) affirme : « Les PMA avec une forte visibilité scientifique attirent plus d’investissements étrangers. »

5. Conclusion

La nomination du CESRS le 18 décembre 2025 marque une ère nouvelle pour Haïti. En régulant et modernisant l’enseignement supérieur et la recherche, l’État peut transformer le système socio-politico-économique, booster la visibilité scientifique et accélérer la transition de PMA à un état moderne.

Par la priorisation des interfaces science-société et science-politique, et en ancrant ces domaines dans la coopération internationale, Haïti peut émerger comme un leader régional en innovation. L’avenir repose sur des investissements conséquents   et des partenariats équitables.

Nous recommandons au CESRS de :

  1. Élaborer un Plan National de Développement de la Recherche Scientifique (PNDRS 2026-2035) aligné sur les ODD, avec des cibles chiffrées (1,0% PIB en R&D, 1 000 publications/an, 50 laboratoires actifs).
  2. Créer un Fonds National de Recherche (FNR) de 15 millions USD/an, financé par 0,5% du budget national et des contributions de la diaspora/bailleurs internationaux.
  3. Organiser un Sommet Haïti-Caraïbe sur la Science et l’Innovation (2026) pour attirer l’UNESCO, l’OCDE et l’AUF.
  4. Lancer une Plateforme Nationale d’Open Science (PNOS) pour publier 100% des recherches haïtiennes en accès libre d’ici 2030.

L’avenir d’Haïti repose sur d’importants investissements dans l’enseignement supérieur et la recherche, des partenariats équitables ancrés dans la diplomatie scientifique, et une volonté collective de transformer la science en levier de progrès. La nomination du CESRS n’est pas une fin, mais un commencement.

 

Références bibliographiques

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Dubique, V., Emmanuel, E., Petit-Frère, R. (2020). Constitution des champs scientifiques en Haïti. HAL Open Science. https://hal.science/hal-02982716/

Emmanuel, E., Govain, R., Cadet, R., Guerrier, K., & Benjamin, F. (2020). État des lieux de la recherche au sein des IES membres de la CORPUHA. HAL Open Science. https://hal.science/hal-02963603/document

Gilles, A. (1998). L’État et la constitution d’un champ scientifique. CONJONCTION, 203, 89-96. https://classiques.uqam.ca/contemporains/GILLES_Alain/Etat_constitution_champ_sc/Etat_constitution_champ_sc.html

HaSci-So. (2024). Préambule des statuts de Haïti Sciences et Société. https://hasciso.wordpress.com/

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Quetyaaubin25@gmail.com , https://orcid.org/0009-0000-2595-2671

cjacqueswheps@gmail.com