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Le Core Group se réactive : feuille de route ambitieuse pour Haïti, scepticisme sur l’efficacité

©️OEA

 

Washington, le 31 juillet 2025.-Le Core Group signe son grand retour sur la scène politique haïtienne. Composé des représentants de l’Organisation des États Américains (OEA), de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union Européenne (UE), des États-Unis, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et du Brésil, ce regroupement d’acteurs internationaux s’est réuni cette semaine pour relancer ses activités, sous la houlette de l’OEA.

À l’issue de cette rencontre, une feuille de route pour la stabilisation d’Haïti a été présentée. Elle s’articule autour de cinq priorités : la sécurité, l’organisation des élections, la recherche d’un consensus politique, la réponse humanitaire et le développement durable. Le budget alloué pour sa mise en œuvre est estimé à 1,3 milliard de gourdes, ventilé comme suit :

-Réponse humanitaire : 908 millions de gourdes;

-Processus électoral : 104,1 millions

-Actions de stabilisation : 96 millions;

-Consensus politique : 5,1 millions;

Mais cette nouvelle dynamique ravive de nombreux questionnements.

Le Core Group, un acteur déjà controversé

Présent en Haïti depuis plusieurs années, le Core Group a souvent été perçu comme un arbitre non officiel de la politique haïtienne, influençant la nomination de Premiers ministres ou les transitions de pouvoir, sans réelle légitimité populaire. Accusé de soutenir des gouvernements impopulaires au nom de la « stabilité », le groupe a suscité critiques et méfiance, notamment après l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.

Sa réactivation aujourd’hui, même avec de nouveaux engagements financiers et diplomatiques, ravive les craintes d’une ingérence mal calibrée.

Sécurité : des milliards, mais peu de résultats

Parmi les priorités du Core Group figure la sécurité, un domaine dans lequel les résultats tardent à se faire sentir. Malgré le déploiement progressif de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS), dirigée par le Kenya, aucune libération effective des grands axes routiers n’a été constatée. Les populations restent sous la coupe des gangs armés, et aucun chef de gang majeur n’a encore été arrêté ou neutralisé.

Cette réalité alimente la perception d’inefficacité de la MSS, dont le commandement est régulièrement critiqué pour son manque d’expérience dans la gestion des zones urbaines sous haute tension.

Des efforts internes à ne pas négliger

En parallèle, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le Gouvernement travaillent à la mise en œuvre de l’Accord du 3 avril 2024, qui prévoit la tenue d’un référendum constitutionnel suivi d’élections générales. Ces efforts locaux mériteraient un soutien coordonné et non une substitution par des entités extérieures, comme cela a trop souvent été le cas.

W. A.