Petit-Goâve, le 6 novembre 2025.– Invité sur Magik9 ce jeudi, l’ancien ministre de l’Environnement, Abner Septembre, a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation écologique de Petit-Goâve, gravement touchée par le passage de l’ouragan Melissa (43 morts, dont 25 dans la commune). Il a pointé du doigt les pressions anthropiques, les constructions anarchiques et l’exploitation abusive du sable comme principales causes de la vulnérabilité du milieu. Selon lui, la catastrophe aurait pu être évitée si les autorités et la population avaient agi à temps.
Les dégâts humains et matériels causés par l’ouragan Melissa continuent de susciter de vifs débats. Sur les ondes de Magik9, Abner Septembre a dénoncé une situation « prévisible », fruit d’années de mauvaise gestion environnementale.
Les causes des inondations à Petit-Goâve sont multiples : « C’est dans la digue qu’on jette les déchets. C’est une catastrophe environnementale. Le niveau de l’eau est désormais plus élevé que le bord du pont », a-t-il expliqué. Il a également déploré l’exploitation des mines de sable, l’absence de curage depuis 1996, et le manque de renforcement durable des berges. Il a ajouté que ces pratiques favorisent l’ensablement du lit de la rivière et la montée du niveau de l’eau, amplifiant les risques d’inondation.
M. Septembre a estimé que la gravité du bilan humain aurait pu être atténuée « si les habitants avaient accepté de se déplacer » et « si les autorités avaient imposé des mesures plus fermes ». Il appelle à une révision urgente des politiques publiques et met en garde contre les solutions superficielles : « Construire un pont sans traiter les causes revient à jeter l’argent par les fenêtres. »
Enfin, Abner Septembre a invité les acteurs publics et communautaires à assumer leurs responsabilités pour éviter que d’autres régions ne connaissent le même sort que Petit-Goâve.
W. A.




























