Diego Da Rin, analyste à l’International Crisis Group
Haïti, le 10 février 2026.- Le déploiement récent de navires militaires américains dans la baie de Port-au-Prince illustre le soutien ferme et assumé de Washington au maintien du Premier ministre haïtien après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le 7 février 2026. Selon Diego Da Rin, analyste à l’International Crisis Group, cette démonstration de force s’inscrit dans une stratégie américaine visant à préserver la stabilité, empêcher un changement de leadership jugé risqué et éviter un scénario de chaos aux portes des États-Unis.
Intervenant sur les ondes de Magik 9, Diego Da Rin a expliqué que la présence d’un navire militaire et de deux bâtiments des garde-côtes américains constitue l’aboutissement d’une série de pressions diplomatiques exercées depuis plusieurs mois par Washington. Avant cette démonstration navale, les États-Unis avaient multiplié les signaux de soutien au Premier ministre, notamment par des communications publiques, des échanges privés avec des membres du CPT et même la révocation de visas de certains conseillers jugés hostiles à la continuité gouvernementale.
Ce déploiement est intervenu à un moment jugé critique, alors que des discussions menées à l’hôtel Montana envisageaient la création d’un conseil présidentiel alternatif et la nomination d’un nouveau chef de gouvernement à l’approche de la fin du mandat du CPT. Pour les autorités américaines, deux lignes rouges étaient clairement établies : la nécessité de clore le cycle du Conseil présidentiel le 7 février et le refus catégorique de tout remplacement du Premier ministre, perçu comme un facteur de déstabilisation supplémentaire.
Selon Diego Da Rin, cette position américaine s’explique par une priorité stratégique assumée : la sécurité avant tout. Dans un contexte de transition incertaine, Washington cherchait à maintenir un minimum de continuité institutionnelle, notamment pour préserver les récents progrès observés dans la coordination entre la Police nationale d’Haïti et la force multinationale, considérée comme l’un des principaux acquis du mandat du Premier ministre depuis novembre 2024. Une analyse partagée par plusieurs partenaires internationaux, dont le Canada et des pays européens, qui ont également exprimé leur soutien à cette option de stabilité contrôlée.
W.A.























